Atelier Migrations de l’EHESS : convergence entre recherche universitaire et pratiques

Grotius International et l’Institut Panos Paris s’associent à l’Atelier Migrations de l’EHESS dirigé par Lila Belkacem : convergences entre  recherche universitaire et pratiques… Nous remercions ici Lila Belkacem qui a répondu positivement à notre vœu. Alice Corbet, anthropologue, membre du Comité de rédaction de Grotius, a pour tâche d’être au cœur de cette association.

Pour faire quoi et pourquoi faire ? Il est plus facile aujourd’hui de répondre au deuxième volet de cette interrogation : pourquoi faire ? Même si la réponse peut paraître évidente à beaucoup, notre volonté est  de proposer une approche pluridisciplinaire des migrations et de redonner un peu de complexité à un sujet qui se traduit trop souvent dans l’opinion publique par des considérations à l’emporte-pièce sur le champ de bataille politico-médiatique. Pour faire quoi ? Tout d’abord permettre à différents acteurs de se rencontrer et d’échanger grâce à ces trois plateformes : Grotius, un site internet, carrefour d’analyse de géopolitique de l’humanitaire, Panos, un Institut à vocation international, laboratoire d’idées et de pratiques de formation, notamment en direction des journalistes du Sud et du Nord, et l’Atelier Migrations de l’EHESS, espace privilégié de recherches.

Au fil du temps, la question « Pour faire quoi ? » trouvera ses réponses en s’interrogeant : Quels sont les thèmes de recherche des étudiants et jeunes chercheurs qui abordent le sujet, si vaste et si mouvant, des migrations ? Quelles sont leurs préoccupations, leurs difficultés, quant à leurs terrains ou à l’organisation de leurs études, quant au choix de leurs problématiques ou celui de la rédaction de leurs premiers articles ou de leurs thèses ? Et quels sont les nouveaux champs d’investigation vers lesquels s’orientent les jeunes chercheurs d’aujourd’hui ?

Le parcours des étudiants, qui veulent poursuivre leurs recherches jusqu’à la thèse (et même généralement au-delà), est souvent empli d’aléas liés, d’abord, au terrain : comment faire, quand on se retrouve dans un contexte souvent difficile, sans mode d’emploi ni guide, auprès de personnes parfois en détresse (sans-papiers) ou parfois hostiles (administrations) ? Comment aborder son terrain, comment s’y adapter, combien de temps y passer, comment ne pas se laisser submerger par les émotions rencontrées, comment garder la distance nécessaire entre l’implication personnelle, parfois militante, et la distance inhérente au travail de recherche ?

Aléas pratiques et organisationnels ensuite : réussir à financer ses projets, décrocher une bourse, rencontrer un directeur de thèse qui suive le jeune chercheur jusqu’à sa soutenance, et faire son chemin dans le rude monde universitaire ; réussir à mener une vie personnelle à côté du travail de recherche qui s’effectue en solitaire et qui coupe souvent des relations sociales et rend la vie familiale difficile. L’étudiant est souvent le nez plongé dans les archives, que ce soit dans les bibliothèques ou à l’étranger.

Aléas de la production et de l’exposé  de ses travaux enfin, souvent par le biais de l’écriture ou de présentations orales. Quand, après de longs mois de préparation, on se retrouve jeté dans la fosse publique de la discussion, de la confrontation aux autres chercheurs, de l’imposition de soi : « voilà, c’est ma recherche, voici ce que j’ai vu, voici ce que pense ». Comment écrire un article universitaire, où chaque mot est pesé, où tout est réfléchi, et où la gratification suprême est d’être publié au bout de plusieurs mois d’attente ? Comment mener à bien une conférence, quand la recherche est en cours et qu’en bon étudiant (et excellent chercheur), on ne cesse de douter ?

C’est en partie à cause de ces questions, mais aussi parce qu’ils souhaitent se rencontrer et discuter entre eux de thématiques proches, qu’une trentaine d’étudiants se réunissent, une fois par mois au sein de « l’Atelier migrations » dirigé par Lila Belkacem, à l’EHESS.

Cet atelier est une occasion unique de faire des liens, de créer du « réseau », d’échanger des références, de proposer de nouvelles idées, et de présenter son travail sans crainte ni complexe. S’y retrouvent des chercheurs issus de plusieurs disciplines : études urbaines, géographes, historiens, politologues, sociologues, anthropologues… L’interdisciplinarité et la multiplicité des profils, comme des terrains et angles d’approche, permettent de croiser des objets de recherche dans un climat d’entraide et de mise en commun de la réflexion. Ainsi, les séances s’organisent autour de divers thèmes, « théoriques » (appréhender et saisir les armes conceptuelles), « pratiques » (présentation orale et discussion) et « ateliers d’écriture » (soumettre un chapitre de thèse ou un article à la lecture du groupe).

La recherche mérite de s’exposer au-delà d’articles aboutis, car sa construction et ses acteurs modélisent de nouvelles matières et forment la substance des réflexions de demain. C’est pourquoi Grotius International et l’Institut Panos Paris s’associent à la démarche de cet Atelier et proposeront, chaque mois à la lecture, des éclairages tant sur les contenus abordés que sur la « vie » de l’Atelier…

 

Prochain Atelier : le 15 décembre 2011, 18h30-20h30 EHESS. Séance « Atelier d’écriture » : autour de la recherche d’Aline Teramatsu, qui compare les musées de l’immigration de Sao Paulo et de Paris. Le groupe se penchera sur le thème de la représentation des migrations. Ces Ateliers ne sont pas ouverts au public.

 

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