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	<title>Grotius International</title>
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	<description>Géopolitiques de l&#039;humanitaire</description>
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		<title>«Manuel de socialismes par gros temps», par Jean-Pierre Warnier (Edition Téraèdre)</title>
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		<pubDate>Sun, 05 Feb 2012 17:15:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alice Corbet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Pierre Warnier]]></category>
		<category><![CDATA[néolibéralisme]]></category>
		<category><![CDATA[Socialisme]]></category>

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		<description><![CDATA[C’est un ouvrage étonnant que Jean-Pierre Warnier nous livre : d’abord, parce qu’une présentation d’un panorama historique et contextuel des socialismes peut surprendre de la part d’un anthropologue reconnu, spécialiste de l’Afrique centrale et auteur de nombreuses publications – notamment sur le Cameroun. Ensuite, parce que l’histoire et de grands axes de réflexion y sont déclinés [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://www.grotius.fr/wp-content/uploads/2012/02/manuel-_de_socialisme_par_gros_temps.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-12811" title="manuel-_de_socialisme_par_gros_temps" src="http://www.grotius.fr/wp-content/uploads/2012/02/manuel-_de_socialisme_par_gros_temps.jpg" alt="Manuel de Socialisme par Gros Temps" width="200" height="274" /></a>C’est un ouvrage étonnant que Jean-Pierre Warnier nous livre : d’abord, parce qu’une présentation d’un panorama historique et contextuel des socialismes peut surprendre de la part d’un anthropologue reconnu, spécialiste de l’Afrique centrale et auteur de nombreuses publications – notamment sur le Cameroun. Ensuite, parce que l’histoire et de grands axes de réflexion y sont déclinés à travers sept chapitre<a title="" href="#_ftn1"><strong>[1]</strong></a> et illustrés par le biais de mots clefs et d’approches thématiques, faisant appel à de nombreuses références qui ne sont incluses ni en notes, ni en bibliographie, mais que l’on peut demander à l’éditeur afin d’obtenir les sources sur CD-Rom ou télécharger en ligne<a title="" href="#_ftn2"><strong>[2]</strong></a>. Enfin, parce qu’on y revient sur des sujets complexes de manière synthétique, éruditions parmi lesquelles on chemine aisément grâce à une écriture limpide.</strong></p>
<p>Ainsi, le lecteur se laisse porter par un ton clair et concis, et Jean-Pierre Warnier trace le chemin de son « manuel de socialismes ». Socialismes, au pluriel : cet ouvrage permet d’embrasser l’histoire (la « politique déployée dans le temps »), de croiser les penseurs et idéologues, de suivre les courants majeurs des socialismes qui façonnent nos sociétés actuelles ; il décompose et recompose les gauches telles qu’elles peuvent encore se définir par rapport à une classe, à une catégorie, ou à tous les citoyens, pour « un autre type de société ». Avec recul mais non pas sans passion, la plume se veut convaincante et démontre avec force arguments comment, aujourd’hui, le néolibéralisme s’est progressivement imposé.</p>
<p>L’auteur nous emmène donc des circonstances de la mise en place de l’hégémonie du néolibéralisme jusqu’aux crises et remises en questions actuelles. Cet éclairage international replace souvent les hommes au cœur des idéologies à partir desquelles les interprétations historiques et économiques ont construit l’époque contemporaine. Jean-Pierre Warnier explicite avec lucidité le terme à la mode de <em>gouvernance</em>, évoque l’omniprésente « <em>com</em> », rappelle la <em>citoyenneté</em> disputée, revient sur <em>l’individualisation</em> (et le « mouvement de fabrique des individus »), s’attarde sur les « figures du pouvoir »… Le panorama traversé s’étend des goulags soviétiques aux camps et frontières qui se multiplient dans un monde « globalisé », des échecs du capitalisme et de l’émergence de ses adversaires, des liens entre pouvoir et économie, de Marx à Sarkozy, etc. Cet inventaire nous conduit à nous poser des questions sur l’adéquation contemporaine entre les socialismes, leurs idéologies et leurs pratiques, leurs acteurs et leurs contradicteurs.</p>
<p>Après avoir compris comment le néolibéralisme et l’hégémonie conservatrice se sont imposées au dépend d’une grande part de la population, jusqu’à étouffer certaines valeurs essentielles, l’auteur incite les acteurs des socialismes à chercher d’autres voies pour une démocratie plus aboutie face aux dérégulations néolibérales qui rendent précaire l’équilibre commun. Cette mise en perspective permet de comprendre comment on en est arrivé au contexte actuel, et rend la lecture extrêmement pertinente en ces temps d’indécision électorale et de crises, alors que le(s) politique(s) ne semble(nt) plus porter les espoirs des français.</p>
<p>Avant de conclure sur la nécessité de recherches accrues et soutenues pour tendre vers une nouvelle hégémonie, celle des socialismes, Jean-Pierre Warnier rappelle que ces derniers disposent de quatre types de ressources : l’héritage (l’expérience et l’histoire narrées dans l’ouvrage), la liberté (dont seule la société politique est garante), les collectifs, et les sujets – les sujets plutôt que les individus, c&#8217;est-à-dire les êtres humains au cœur de liens complexes, de droits et de devoirs, plutôt qu’abandonnés ou hyper-valorisés. En vue de socialismes renouvelés et de la réhabilitation du politique comme un « art de vivre ensemble », l’auteur plaide pour une démocratie qui se déferait de ses « fausses évidences économiques » afin de pouvoir mieux prendre soin tant de la planète que de l’être ensemble.</p>
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<h6><strong><a title="" href="#_ftnref1">[1]</a> “XX ͤ siècle”, “Néolibéralisme”, “Capitalisme”, “Échec”, “Politique”, “Adversaire”, “Socialismes”<br />
</strong><strong><a title="" href="#_ftnref2">[2]</a> Sur <a href="http://www.teraedre.fr/">http://www.teraedre.fr</a>. Dans ses remerciements, l’auteur revient sur ses motivations à reconstituer le « puzzle » de la généalogie des socialismes, dans un style accessible à tous, avant de rappeler que c’est son devoir de présenter (avec sa force de travail et ses capacités d’enseignant), sans dogmes ni prétentions, un tel manuel généraliste. S’en suivent 137 pages d’un abécédaire dense indiquant les sources et réflexions précises qui ont permis de rédiger le travail de synthèse édité.</strong></h6>
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		<title>ACF : Les conférences Françoise Giroud, avec David Rieff</title>
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		<pubDate>Sun, 05 Feb 2012 17:09:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grotius International</dc:creator>
				<category><![CDATA[Les Grands Rendez-vous]]></category>
		<category><![CDATA[ACF]]></category>
		<category><![CDATA[conférence]]></category>
		<category><![CDATA[Françoise Giroud]]></category>

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		<description><![CDATA[]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.grotius.fr/wp-content/uploads/2012/02/invitation_conference_acf_fevrier_2012.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-12907" title="invitation_conference_acf_fevrier_2012" src="http://www.grotius.fr/wp-content/uploads/2012/02/invitation_conference_acf_fevrier_2012.jpg" alt="invitation conference acf fevrier 2012" width="600" height="548" /></a></p>
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		<title>Syrie : La « révolution » impossible. Au-delà de toutes les propagandes et interprétations…</title>
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		<pubDate>Sun, 05 Feb 2012 15:45:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Piccinin</dc:creator>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Bachar El Assad]]></category>
		<category><![CDATA[humanitaire]]></category>
		<category><![CDATA[Printemps arabes]]></category>
		<category><![CDATA[révolution]]></category>
		<category><![CDATA[Syrie]]></category>

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		<description><![CDATA[Pierre Piccinin était en Syrie en décembre 2011 et janvier 2012. L’historien et le politologue apporte un éclairage nouveau sur les évènements qui secouent ce pays, ainsi que sur les enjeux régionaux. Sans parti pris et loin de la propagande de Damas et de ses opposants ou des avis sans nuance des capitales occidentales et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_12700" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.grotius.fr/wp-content/uploads/2012/02/portrait_hassad.jpg"><img class="size-full wp-image-12700" title=" Portrait géant de Bashar al-Assad" src="http://www.grotius.fr/wp-content/uploads/2012/02/portrait_hassad.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a><p class="wp-caption-text">Portrait géant de Bashar al-Assad, au coeur de Damas (© Pierre Piccinin)</p></div>
<p><strong>Pierre Piccinin était en Syrie en décembre 2011 et janvier 2012. L’historien et le politologue apporte un éclairage nouveau sur les évènements qui secouent ce pays, ainsi que sur les enjeux régionaux. Sans parti pris et loin de la propagande de Damas et de ses opposants ou des avis sans nuance des capitales occidentales et des médias internationaux. Où l’on pénètre dans cette zone grise, complexe, pour comprendre un conflit… Analyse et état des lieux.</strong></p>
<p><strong></strong>Alors que les gouvernements tunisien et égyptien ont dû céder face à la contestation (ou ont su en donner l’impression, à tout le moins), alors que l’Alliance atlantique a profité des troubles pour renverser le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, tandis que d’autres, comme au Bahreïn, se sont maintenus par la force ou, comme en Algérie, en Jordanie et plus encore au Maroc, par la ruse de quelques vagues promesses de réformes, exception faite du Yémen qui, en dépit du retrait apparent du président Saleh, s’enfonce chaque jour un peu plus dans le chaos, la Syrie reste le dernier État empêtré dans ce phénomène que d’aucuns ont souhaité habiller d’une expression poétique, le « Printemps arabe ».</p>
<p>Depuis le 15 mars 2011, en effet, le gouvernement baathiste du président Bashar al-Assad doit faire face à des troubles, parfois violents, comme je l’avais déjà constaté lors d’un premier séjour d’observation, en juillet dernier.</p>
<p><em></em>En juillet, j’avais parcouru tout le pays, aussi bien le sud, Deraa, Souweida, que le centre, puis la côte et le nord, jusqu’à Alep, et l’est, jusqu’à Deir-es-Zor, sur l’Euphrate, vers la frontière irakienne.</p>
<p>Cette fois-ci, je me suis concentré sur le centre, principalement : Damas, le gouvernorat de Homs et Hama.</p>
<p>Un de mes objectifs était de rencontrer les Chrétiens de Syrie qui représentent un peu plus de 10% de la population, en cette période de Noël, et parmi les premiers concernés par la vague islamiste qui submerge ce « Printemps arabe ». J’ai tenté d’appréhender leur sentiment sur les événements et de mesurer leur inquiétude face à la montée de l’influence islamiste, des Frères musulmans, qui s’imposent de plus en plus à la tête des contestataires, et de la violence dont font preuve les salafistes.</p>
<p>Les Chrétiens ont en effet sous les yeux ce qui s’est passé en Irak où, depuis le renversement de Saddam Hussein en 2003, leurs communautés font l’objet d’attaques et d’attentats réguliers (des dizaines de milliers de Chrétiens irakiens ont depuis lors fui leur pays et trouvé refuge en Syrie). Ils ont aussi l’exemple des Chrétiens d’Égypte : les scènes de fraternisation entre Chrétiens et Musulmans que l’on avait pu observer, place Tahrir, au moment de la révolution, il y a tout juste un an, sont désormais bien loin, et plusieurs milliers de Chrétiens coptes se seraient déjà exilés…</p>
<p>J’ai ainsi eu l’occasion de parler à des familles chrétiennes et de rencontrer quelques personnalités de leurs communautés : Monseigneur Hazim, le Patriarche grec orthodoxe, Mère Agnès Mariam de la Croix, Supérieure du monastère de Saint Jacques le Mutilé à Qara, une des figures les plus emblématiques des Chrétiens de Syrie, ou encore le Père Elias Zahlaoui, prêtre catholique à Notre-Dame de Damas… En juillet, j’avais déjà rencontré le Père Paolo, autre figure emblématique, au monastère de Mar Moussa.</p>
<p>Leur inquiétude est réelle, face à la haine islamiste qui se manifeste à leur égard et aux ingérences étrangères, celles du Qatar et de l’Arabie saoudite notamment. Dès lors, même si la grande majorité des Chrétiens se dit favorable à la démocratisation des institutions, ils composent cependant avec le régime baathiste, un régime laïc, qui assure la protection de toutes les minorités religieuses.</p>
<p>Un autre de mes objectifs essentiels était d’essayer d’entrer en contact avec l’opposition ou, plus exactement, avec « les » oppositions…</p>
<p>Si les manifestations du mois de mars avaient été pacifiques et massives, la contestation s’est par la suite affaiblie, en partie du fait de la répression, en partie aussi par rejet d’un islamisme radical dont l’influence croissante au sein de l’opposition a inquiété plusieurs des communautés et confessions qui tissent le patchwork de la société syrienne.</p>
<p>La contestation avait également rapidement changé de forme : certains groupes, parmi les différents mouvements qui contestent le pouvoir, ont commencé à recourir à la violence, entraînant une réaction accrue des forces de l’ordre et même de l’armée, comme à Maraat al-Nouman ou dans la région de Jisr-al-Shugur, le long de la frontière turque, où les sièges du parti Baath ont été incendiés et où les postes de police ont été attaqués. En juillet, les premières bandes armées ont fait leur apparition, à Homs en particulier.</p>
<p>Depuis lors, la situation s’est complexifiée et localement enlisée dans un étrange conflit, aux relents de guerre civile, un conflit larvé et qui semble ne pas vouloir éclater.</p>
<p>Si l’opposition en exil n’a toujours pas surmonté ses profondes divisions, une relative majorité se retrouve néanmoins dans le Conseil national syrien (CNS), dominé par les Frères musulmans (dont d’aucuns prétendaient pourtant l’organisation presque disparue). Basé à Istanbul, le CNS appelle à une intervention militaire de la Turquie et voudrait être reconnu comme le gouvernement légitime de la Syrie, à l’instar de ce qu’il en avait été du Conseil national de transition en Libye. Le Comité national pour le changement démocratique (CNCD), l’autre principal groupe d’opposants de l’extérieur, dominé quant à lui par les nationalistes kurdes et l’extrême gauche, a finalement accepté, fin décembre 2011, de passer un accord temporaire avec le CNS, dans le but de produire une image d’unité en direction de la communauté internationale.</p>
<p>Sur le terrain, plusieurs mouvements hétérogènes coexistent : des organisations de citoyens, à Hama et à Homs principalement, mais aussi des groupuscules salafistes, qui frappent ça et là en Syrie, également infiltrée d’unités instrumentalisées par l’étranger, par le Qatar et l’Arabie saoudite notamment, tandis que le gouvernement peut compter, quant à lui, sur l’aide de miliciens du Hezbollah et de soldats iraniens. D’un important appui russe, également, dont les agents sont présents en nombre (lorsque j’ai quitté Damas, à l’entrée de l’aéroport, alors que toutes les automobiles étaient soigneusement fouillées le policier, à la vue de mon visage européen, m’a salué d’un vif « <em>Russia !</em> » et m’a ouvert le passage sans même vérifier mon passeport).</p>
<p>En outre, une action militaire est désormais revendiquée par une organisation  autoproclamée « Armée syrienne libre » et qui serait constituée de soldats syriens déserteurs, selon certains opposants au régime, d’étrangers ayant revêtu l’uniforme syrien, selon le gouvernement.</p>
<p>Enfin, par ce rapport, à contre-courant de l’angle d’approche généralement choisi par les médias dominants, j’ai également décidé de prendre le risque de montrer le point de vue des autorités syriennes et de leurs partisans, nombreux, très nombreux même au sein de la population syrienne, un point de vue complètement négligé par les médias occidentaux, trop prompts à relayer les émissions de la chaîne de télévision qatari Al-Jazeera et ce que leur transmet l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), la principale source de la presse européenne, cet OSDH qui notoirement, travaille de concert avec l’organisation des Frères musulmans.</p>
<p>Il m’est apparu nécessaire, en prélude à ce rapport, de préciser que je ne suis entré en Syrie ni à l’initiative de l’opposition, ni sur invitation du gouvernement, et que je n’ai dès lors été soumis à la propagande ni de l’une, ni de l’autre.</p>
<p>En juillet, j’avais pu obtenir, sans difficulté, un « visa touristique », sous prétexte d’excursions archéologiques. À ma grande surprise, j’avais aussi pu louer une voiture et me déplacer seul, sans aucun contrôle, à travers toute la Syrie. Dans les articles que j’avais produits au terme de ce premier voyage, j’avais fait état d’une réalité de terrain bien différente de l’image de la « révolution » syrienne diffusée par les médias occidentaux.</p>
<p>J’avais aussi démonté plusieurs mystifications mises en œuvre par la propagande de l’opposition, ce pourquoi j’avais déjà fait l’objet alors de virulentes critiques et d’accusations de soutenir la dictature, de la part de certains médias bien décidés à ne pas remettre en question leur ligne éditoriale, mais aussi de la part d’universitaires spécialistes du Monde arabe –ce qui m’était apparu plus préoccupant, voire inquiétant, car symptomatique d’une vaste problématique d’ordre déontologique et méthodologique dans le chef de ces scientifiques.</p>
<p>C’est probablement pour cette raison que le gouvernement syrien m’a laissé entrer une deuxième fois sur son territoire (en connaissant mes intentions, cette fois) et m’a donné carte blanche pour effectuer mes observations, alors qu’il est toujours très difficile pour les médias étrangers d’entrer dans le pays.</p>
<p>En effet, après s’être rendu compte qu’il était en train de perdre la bataille de la communication en ayant interdit, dès le début des événements, la présence de journalistes étrangers sur son sol, le gouvernement syrien a opéré une ouverture, en octobre et novembre. Mais l’expérience s’est immédiatement révélée négative : exception faite de quelques publications, les médias dominants, soucieux de  ne pas « <em>désorienter leurs lecteurs</em> » (communication personnelle du rédacteur-en-chef d’un grand quotidien français), n’ont pas modifié la ligne éditoriale qu’ils avaient suivie depuis plusieurs mois déjà et ont continué de répercuter la propagande diffusée par le CNS et l’OSDH, tout en se prévalant, cette fois, d’avoir été « constater » la situation sur place…</p>
<p>Cette liberté de mouvement et mon indépendance étaient les conditions auxquelles je me suis rendu sur le terrain : pouvoir reprendre mes observations sans contrôle du gouvernement (une « visite guidée », suivant le programme imposé aux journalistes invités, n’est certainement pas dénuée d’intérêt, mais cela ne permet pas de restituer une vision impartiale et complète des événements).</p>
<p>J’ai dès lors produit un rapport sans complaisance pour le gouvernement baathiste, mais sans complaisance non plus pour une opposition dont certaines composantes ne sont pas aussi « démocratiques » qu’on veut bien le croire, ni sans arrière-pensée communautariste ou religieuse, s’accommodant parfois d’influences étrangères dont les conséquences pourraient bien plonger le pays dans la guerre civile, des composantes qui n’hésitent pas, pas plus que le gouvernement, à mettre en œuvre des méthodes violentes et tout aussi critiquables.</p>
<p>De manière générale, le pays demeure assez calme, exception faite des villes de Hama et de Homs, les deux principaux lieux de la contestation, et de certaines agglomérations de moindre importance, situées le long des frontières turque et libanaise, localisation propice à une ingérence étrangère.</p>
<p>Et l’armée syrienne, dont les unités d’élites sont principalement composées d’Alaouites, issus de la communauté du président, et des minorités les plus dépendantes du régime, demeure quant à elle fidèle au gouvernement : contrairement à ce qui s’est produit en Tunisie ou en Égypte, où les soldats ont pu reconnaître des frères, des oncles, des sœurs parmi les contestataires, aucune fraternisation n’est vraiment possible, en Syrie, entre les révoltés et l’armée, souvent issus de communautés différentes.</p>
<p>À Homs, j’ai pu rencontrer l’opposition, qui est de mieux en mieux organisée et réussit à présent à contrôler deux quartiers de la ville ; en juillet, il ne s’agissait encore que de quelques bandes de jeunes, peu et mal armés, qui s’attaquaient ça et là aux symboles de l’autorité.</p>
<p>J’ai aussi eu l’opportunité d’y rencontrer Fadwa Suleiman, cette actrice célèbre en Syrie, qui, bien que de famille alaouite, est devenue la porte-parole des insurgés de Homs.</p>
<p>Quand je suis arrivé à Homs, j’ai d’abord parcouru la ville, plus de deux heures durant, à la recherche de quartiers en révolte, à propos desquels je n’avais aucune information. En comparaison de ce que j’avais pu avoir comme impression en juillet, la ville est désormais moins sereine : la plupart des rues, désertes, sont sous la surveillance de policiers ou de militaires, le centre en particulier, où des contingents de plusieurs dizaines de soldats assurent la garde des bâtiments officiels, du siège du parti Baath notamment.</p>
<p>Entrer dans Homs ne fut cependant pas compliqué : ni sur la route, depuis Damas, ni à l’entrée de la ville, aucun check-point n’a arrêté ni contrôlé mon véhicule.</p>
<p>En m’éloignant pour gagner les banlieues, je me suis engagé dans un quartier (al-Bayadah, comme je l’ai appris plus tard) dont les maisons présentaient des traces de combats, aux façades mitraillées et crevées par des tirs de gros calibre, non sans une certaine anxiété, car je craignais, dans une telle zone, le tir d’un sniper, pour lequel un observateur européen, avançant en automobile à une allure réduite du fait des gravats qui jonchaient les rues, constituait une cible facile et de choix. Mais là se trouvait ce que je voulais savoir : l’ampleur de la révolte à Homs, voire d’une rébellion armée, dont j’avais pu observer les prémices en juillet, de ces « gangs » accusés par le gouvernement de prendre la population en otage.</p>
<p>A peine avais-je parcouru quelques centaines de mètres qu’un groupe d’hommes armés a stoppé mon véhicule. Un check-point de plus ; mais plus zélé cette fois, dans cette zone sensible. Les miliciens étaient sans uniformes et j’en déduisis qu’il s’agissait des services spéciaux du régime : probablement mon voyage devait-il s’arrêter là et allait-on me renvoyer directement à Damas.</p>
<p>Après avoir fouillé mon véhicule et vérifié mes documents d’identité, deux des miliciens sont montés dans l’automobile et m’ont ordonné de suivre un itinéraire à travers le quartier, qui nous mena à une petite place, où ils m’ont demandé d’arrêter le moteur. La procédure n’étant pas du tout habituelle des contrôles que j’avais connus jusqu’alors, je commençais à m’inquiéter, d’autant plus que personne ne savait où je me trouvais à ce moment-là et que les visages de mes gardes s’allongeaient ; l’un d’eux, à l’air exaspéré, examinait chacune des pages de mon passeport ; il me lança un regard noir lorsqu’il y découvrit le visa que j’avais obtenu en juillet déjà, puis devint menaçant et nerveux, à la vue d’un visa iranien, souvenir d’un séjour d’observation à la suite de la « révolution verte ».</p>
<p>Je commençais à comprendre que quelque chose d’anormal se passait : jusqu’alors, ce visa délivré par l’Iran, allié privilégié du gouvernement de Bashar al-Assad, m’avait plutôt attiré la sympathie des militaires qui m’avaient contrôlé…</p>
<p>Après quelques minutes, un autre groupe armé s’approcha et un troisième homme, jeune et maîtrisant l’anglais, monta dans l’automobile : il me demanda si j’étais iranien, comment je m’étais trouvé là, quel était mon but en me rendant à Homs. Il découvrit dans la sacoche de ma caméra le document officiel du Ministère de l’Information qui m’autorisait à me déplacer en Syrie. Ses mains tremblaient ; il semblait ne pas savoir sur quel pied danser. Je me demandais à qui j’avais affaire…</p>
<p>Je cherchais la révolution, mais c’est la révolution qui m’avait trouvé… On me fit sortir du véhicule et le jeune homme, prénommé Omar, me demanda si je voulais prendre un café avec eux. Ma réponse fut spontanée : « <em>yes, but who are you !?</em> ». La sienne aussi : « <em>we are the revolution</em> ».</p>
<p>J’ai alors suivi les opposants dans un immeuble, dans un des appartements qui leur sert de cache et de lieu de rendez-vous. Une vingtaine d’hommes en armes y étaient assis sur des banquettes disposées tout autour de la pièce principale, le long des murs. Parmi eux, une femme, que j’ai tout de suite reconnue : Fadwa Suleiman, la « Passionaria » de Homs. L’accueil a été chaleureux et j’ai pu poser les questions que je souhaitais.</p>
<p>Une fois la nuit tombée, mes hôtes m’ont proposé de passer la nuit avec eux, car des tirs de snipers avaient commencé depuis les toits des bâtiments périphériques. Il ne m’était donc plus possible de rejoindre mon véhicule et de quitter la zone. Les autorités, en effet, pour empêcher les mouvements nocturnes des rebelles, ont établi un couvre-feu de fait. Selon les témoignages des rebelles, l’armée régulière est appuyée par des tireurs d’élite iraniens ; les rebelles m’ont affirmé en avoir tué plusieurs : « <em>avant, nous n’avions rien contre l’Iran ; on aimait l’Iran, parce qu’il était notre allié et nous défendait ; mais, maintenant, nous haïssons les Iraniens</em> ».</p>
<p>En vérité, les rebelles n’avaient pas eu l’intention de me laisser rentrer à Damas le jour même : ils voulaient d’abord vérifier mon identité et savoir s’ils pouvaient me laisser partir sans risque, alors que je les avais localisés. Ce pourquoi ils ont attendu la tombée de la nuit avant de me prévenir des risques. J’étais aux arrêts, mais je ne l’avais pas bien compris encore.</p>
<p>Au petit matin, des tirs d’artillerie et de mitrailleuses ont doublé ceux des snipers et m’ont réveillé, dont quelques-uns ne sont pas tombés très loin de notre immeuble : très reconnaissables, il s’agissait de tirs de chars d’assaut, qui bombardaient le quartier à l’aveugle pour soumettre la rébellion. Je me suis immédiatement levé ; tous les rebelles avaient disparus, Fadwa également ; un seul était resté pour me veiller : « <em>c’est comme ça tous les jours</em> », m’a-t-il lancé, en m’apportant le café…</p>
<p>Le jour étant levé, les tirs ont cessé et j’ai demandé de pouvoir rejoindre ma voiture : la veille au soir, je devais rencontrer le ministre syrien de l’Information ; mes hôtes et moi avions donc convenu d’un petit scénario et j’avais téléphoné au ministère pour prévenir de ma situation, expliquant que, m’étant « égaré », du fait des tirs, j’avais été accueilli par « une famille ne parlant que l’arabe », langue que je maîtrise mal encore, qui allait m’héberger pour la nuit. Mais comment expliquer mon absence un jour de plus, alors qu’on m’avait suggéré de rejoindre le lendemain un groupe de journalistes invités par le gouvernement et en visite à Homs ? Le point de rendez-vous était le bâtiment du gouvernorat.</p>
<p>Mais les rebelles m’ont demandé d’attendre davantage, car mon identité et ma bonne foi n’avaient pas été vérifiées. Une douzaine d’hommes, que je n’avais pas encore rencontrés, s’est présentée ; j’ai dû pour la énième fois leur expliquer comment j’étais arrivé là et ce que je faisais en Syrie. Ils ont à nouveau examiné mon passeport pendant un long moment.</p>
<p>Finalement, ils ont paru rassurés. Ils m’ont demandé de déclarer devant une caméra que j’avais été bien traité et n’avais pas été enlevé par eux, car ils craignaient que le gouvernement syrien ne m’obligeât à passer à la télévision pour les accuser de m’avoir kidnappé. Après quoi ils m’ont prévenu qu’ils allaient me bander les yeux et me conduire au centre-ville. Trois d’entre eux sont montés dans ma voiture ; l’un d’eux a pris le volant ; ils m’ont conduit jusqu’à proximité de la place centrale de Homs. Nous nous sommes chaleureusement embrassés et je les ai quittés pour rejoindre le gouvernorat et les journalistes.</p>
<p>Les rebelles de Homs –il convient de les appeler ainsi, car il s’agit désormais bel et bien d’une rébellion- agissent en pelotons d’une dizaine d’hommes chacun. Je n’en ai rencontré qu’une partie mais, dans la seule cache dans laquelle j’ai passé près de deux jours avec eux, j’ai vu se succéder plusieurs groupes, ce qui me laisse supposer que leur nombre n’est pas négligeable.</p>
<p>Mais pas suffisant, cependant, pour réellement inquiéter le gouvernement, d’autant moins que leur armement reste léger : kalachnikovs et grenades à main. Toutefois, en pratiquant ainsi une forme de guérilla et en se fondant dans la population, dont ils sont issus, ils tiennent en respect l’armée régulière, qui cerne ces deux quartiers et semble avoir pour le moment renoncé à y faire le coup de force.</p>
<p>À Hama, la situation est très différente. Elle a également évolué, mais pas à l’avantage des contestataires.</p>
<p>Ainsi, pas plus cette fois-ci qu’en juillet, je n’ai vu de manifestant armé à Hama. J’ai là aussi été introduit au sein de l’organisation de l’opposition. J’ai notamment pu accéder à un des dispensaires clandestins dans lesquels les manifestants soignent leurs blessés et à une cache, une sorte de quartier général où se réunissent les organisateurs de la contestation. Je n’ai nulle part constaté le moindre élément d’armement.</p>
<p>En juillet, l’armée cernait la ville, qui était aux mains des manifestants, lesquels réussissaient à mobiliser plusieurs milliers de personnes pour remplir la place al-Assidi, à la fin de la principale prière du vendredi.</p>
<p>Depuis que l’armée a repris le contrôle des rues, début août, les forces de l’ordre, policiers et militaires, occupent les principaux boulevards et places ; et ils maîtrisent complètement le terrain. Les manifestants sont donc désormais contraints de se réunir par groupes de quelques centaines seulement, dans les ruelles latérales.</p>
<p>Leurs seules armes sont des pierres, qu’ils lancent sur les policiers, lesquels répliquent par des jets de gaz lacrymogène et, quand la pression des manifestants devient trop forte, par des tirs de plombs de chasse, parfois par quelques tirs de balles, mais très exceptionnellement ; aussi, ayant assisté à une de ces manifestations, le vendredi 30 décembre, je déduirais de l’attitude de la troupe que ses ordres sont certes de tenir le terrain, mais en évitant au maximum de blesser ou tuer.</p>
<p>Hama n’est donc pas à feu et à sang ; la ville n’est pas non plus le terrain d’une rébellion armée, mais celui d’une poignante intifada…</p>
<p>Ailleurs, dans le pays, il n’y a pas à proprement parler de lieu de révolte comparable à Homs ou de contestation permanente, comme à Hama.</p>
<p>Mais des groupes de combattants agissent néanmoins, ici et là, attaquent les patrouilles militaires, lors d’embuscades souvent meurtrières, et commettent parfois des atrocités contre des soldats et des policiers, mais aussi contre des civils qui soutiennent le gouvernement ou, tout simplement, qui refusent d’aider ces rebelles.</p>
<p>Si le régime baathiste a montré les dents dès le début de la contestation, en mars 2011, et a violemment réagi aux manifestations de l’opposition, la rébellion n’est désormais plus en reste, une de ses composantes en tout cas, et met en œuvre des méthodes inqualifiables pour intimider les forces de l’ordre et les partisans du régime, y compris les civils : enlèvements, décapitations, mutilations, exécutions sommaires, menaces sur les familles…</p>
<p>Je n’ai pas eu de contact avec cette composante-là de l’opposition, mais les témoignages que j’ai recueillis sont nombreux et les corps, parfois dépecés, sont visibles dans les morgues.</p>
<p>Plus précisément, quatre villes secondaires, dans le nord-ouest, situées le long des frontières, sont régulièrement en proie aux attaques menées par différents groupes armés contre les forces gouvernementales.</p>
<p>Il s’agit de Zabadani, au nord-ouest de Damas, à la frontière du Liban, et de Talkalakh, non loin de Homs, à la frontière nord du Liban : l’Armée syrienne libre (ASL) y harcèle l’armée régulière et le revendique. Des armes et des combattants entrent en effet en Syrie depuis le Liban, ce qui rend la région du centre-ouest plus propice aux actions de l’opposition armée (les factions libanaises impliquées prenant le risque de provoquer l’extension du conflit au territoire du Liban).</p>
<p>De Qousseir, où des groupuscules (souvent désignés comme salafistes, mais non-identifiés jusqu’à présent) tendent quotidiennement des embuscades aux soldats du gouvernement ; cette agglomération est également située dans la province de Homs, à proximité de la frontière du Liban, qui semble ainsi constituer la principale base arrière des oppositions armées.</p>
<p>Et d’Idlib, entre Jisr-al-Shugur et Alep, à proximité de la frontière turque, où plusieurs quartiers sont aux mains de l’ASL, qui introduit en Syrie armes et munitions depuis la Turquie, dont les autorités ferment les yeux et tolèrent les mouvements de ces combattants rebelles.</p>
<p>Comme on peut le constater, c’est l’ASL qui constitue le gros de l’opposition armée. Ce groupe obéit à un colonel dissident, Riyad al-Asaad, actuellement en Turquie, où l’ASL trouve asile dans les camps de réfugiés, et s’infiltre en Syrie depuis les frontières turque et, surtout, libanaise.</p>
<p>Selon les sources, l’ASL revendique un contingent de 15.000 à 40.000 hommes, tous déserteurs de l’armée gouvernementale. Non seulement, ces désertions ne sont pas avérées –en tout cas, les chiffres annoncés n’ont pas de sens : l’armée syrienne constitue l’un des piliers du régime, qu’une telle hémorragie mettrait en grande difficulté (l’armée régulière compte environ 200.000 hommes), ce qui n’est pas le cas-, mais, surtout, il apparaît de plus en plus clairement que l’ASL reçoit des armes du Qatar et de la faction libanaise pro-Hariri, c’est-à-dire des Sunnites libanais opposés au Hezbollah qui est soutenu par le gouvernement de Bashar al-Assad (c’est en cela que réside le risque d’une extension du conflit au Liban ; à terme, le Hezbollah, actuellement membre de la coalition gouvernementale qui a rejeté le clan Hariri dans l’opposition, pourrait en effet réagir à cette violation patente du territoire libanais, en mobilisant non seulement ses propres milices, mais également l’armée régulière libanaise).</p>
<p>L’Armée syrienne libre semble avoir réussi à augmenter son rayon d’action au-delà des zones frontalières, en s’associant à des cellules d’opposants armés isolées, d’obédience salafiste parfois, ce qui est avéré à Homs, où l’ASL a été ralliée par un groupuscule appelé « Brigade Farouk », responsable de plusieurs attentats anti-chiites.</p>
<p>En outre, l’ASL serait entraînée à la guérilla urbaine par des éléments de l’armée française, basés dans la région de Tripoli, au Liban, et dans la province turque du Hatay, à la frontière syrienne.</p>
<p>Jusqu’a présent, le CNS se méfie de l’Armée syrienne libre, qui essaie de se faire reconnaître par l’opposition politique, mais n’a rien obtenu d’autre du CNS que la création d’un bureau de liaison.</p>
<p>La question est de savoir si tous ces protagonistes sont réellement syriens ou s’il s’agit aussi d’éléments étrangers, qui agissent pour le compte d’acteurs régionaux hostiles au gouvernement baathiste, comme le Qatar ou l’Arabie saoudite, dont l’implication en Syrie est bien établie. Comme la Turquie, aussi, dont la politique de rapprochement avec Damas a été stoppée net par le « Printemps arabe » et s’est progressivement muée en hostilité déclarée. Il serait question, dans certains cas, d’éléments infiltrés qui s’en prendraient indifféremment à toutes les parties en présence, pour envenimer le conflit et pousser les Syriens vers la guerre civile.</p>
<p>J’ai pu comprendre que ces diverses composantes de la contestation n’ont pas de contact entre elles. Les rebelles, à Homs, sont essentiellement issus de la population locale : il s’agit de simples citoyens (ni islamistes radicaux, ni factieux d’un quelconque extrémisme politique : une question que je leur ai posée était de savoir s’il y avait des Chrétiens parmi eux ; un jeune homme a levé la main, à la surprise des autres, qui ne s’en étaient jamais souciés). Ce sont des citoyens, qui ont cru le moment arrivé de s’insurger et se retrouvent à présent enfermés dans le conflit que cela a généré. Il y a dans leurs rangs très peu d’apport extérieur, en provenance d’autres villes de Syrie. Idem à Hama : les manifestants sont tous originaires de la ville. Ils n’ont pas non plus de contact avec les islamistes radicaux, qui constituent donc un autre mouvement d’opposants (voire plusieurs autres mouvements différents), ni avec l’Armée syrienne libre ; et ils entretiennent très peu de relations avec le CNS ou le CNCD.</p>
<p>C’est donc à dire que, sur le terrain comme à l’extérieur, « les » oppositions sont très hétérogènes et très divisées, tant sur les méthodes que les objectifs, et mal coordonnées, voire pas du tout, locales et géographiquement disparates.</p>
<p>On doit dès lors s’interroger sur la probabilité de voir un jour ces différentes factions s’accorder entre elles : les rebelles, à Homs, m’ont affirmé sans la moindre ambiguïté qu’il était hors de question pour eux de pactiser avec les salafistes, par exemple. Et, à Hama, les leaders des manifestants, des pacifistes, condamnent la militarisation de la contestation.</p>
<p>Á Damas, comme dans le reste du pays et les principaux centres urbains, je n’ai pas noté de grandes différences par rapport à la situation que j’avais constatée en juillet : la population vaque normalement à ses activités, en dépit des deux attentats-suicides qui ont durement frappé la capitale, le 23 décembre et le 6 janvier, que le CNS et l’OSDH attribuent au régime, qui voudrait, selon eux, susciter la haine de la population envers les contestataires, mais dont le gouvernement accuse le terrorisme salafiste.</p>
<p>Même si une tension existe désormais, plus sensible et perceptible, le gouvernement continue de maîtriser la situation face à une opposition qui demeure minoritaire et ne parvient pas à entraîner dans une révolution une population très divisée, dont certaines communautés, les Chrétiens, les Alaouites bien sûr, les Druzes, etc., craignent l’islamisme radical et soutiennent, fût-ce par défaut, le gouvernement de Bashar al-Assad.</p>
<p>En dehors des foyers d’opposition évoqués, la contestation se résume ainsi à l’organisation de manifestations qui ont lieu le vendredi surtout, à la sortie des mosquées, et concernent dès lors essentiellement la communauté sunnite, du moins les couches sociales les moins favorisées de cette communauté (la bourgeoisie sunnite, en effet, soutient les réformes économiques entreprises par Bashar al-Assad depuis 2000).</p>
<p>Dans les grandes villes, les manifestations se déroulent donc dans les banlieues, dans les quartiers modestes. Elles rassemblent les fidèles qui quittent leur lieu de culte, après la prière de la mi-journée ou celle du soir, qui sont les plus fréquentées : des « coordinateurs » de quartier incitent la foule à manifester, parfois déjà sollicitée lors du prêche de l’imam.</p>
<p>Les propos islamistes que l’ont peut entendre dans ces quartiers ont éloigné les manifestants Chrétiens et les membres des autres communautés minoritaires qui, non seulement, ne considèrent pas être représentés par ces mouvements, mais, plus encore, se sentent menacés par les discours tenus lors de ces rassemblements. Dans certaines mosquées des banlieues de Damas, les prêches appelant à « égorger » les partisans de Bashar al-Assad se font de plus en plus fréquemment entendre…</p>
<h6 style="text-align: center;">  <strong>Les revendications de la société civile</strong></h6>
<p>Si l’intensité de la contestation a considérablement diminué depuis le mois de mars, une partie de la population continue de demander des changements institutionnels et attend du régime une progressive démocratisation.</p>
<div id="attachment_12704" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.grotius.fr/wp-content/uploads/2012/02/intifada_hamas.jpg"><img class="size-full wp-image-12704" title="intifada_hamas" src="http://www.grotius.fr/wp-content/uploads/2012/02/intifada_hamas.jpg" alt=" « Intifada » à Hama" width="300" height="241" /></a><p class="wp-caption-text">« Intifada » à Hama (© Pierre Piccinin)</p></div>
<p>Il est en effet certain que le régime baathiste, en Syrie, s’est transformé très rapidement, sous la présidence d’Hafez al-Assad déjà, le père de l’actuel président, en une féroce dictature.</p>
<p>Le baathisme, à l’origine, a deux objectifs principaux : c’est, d’une part, une forme de socialisme, qui ambitionne d’améliorer les conditions de vie des couches sociales les plus défavorisées ; et, d’autre part, le baathisme présente une dimension nationaliste panarabe, qui combat l’hégémonie colonialiste et promeut l’unité des Arabes.</p>
<p>Cependant, le parti Baath syrien s’est mué en parti unique et son leader, en dictateur : Hafez al-Assad et ses proches ont instrumentalisé le parti pour s’accaparer tous les pouvoirs au sein de l’État et mettre la main sur l’ensemble du secteur économique.</p>
<p>Toute opposition à ce système a toujours été durement réprimée: disparitions, tortures, emprisonnements… Les différents services de police syriens sont pléthoriques et omniprésents.</p>
<p>Lorsqu’il avait succédé à son père, en 2000, Bashar al-Assad avait suscité un fort espoir en Syrie : jeune, très occidentalisé, médecin de formation, il n’était en outre pas destiné à gouverner, mais avait dû s’y résoudre suite au décès accidentel et soudain de son frère aîné.</p>
<p>Dès lors, les démocrates syriens avaient espéré un rapide changement de régime, à la faveur de cette présidence particulière. Et, au début de sa présidence, Bashar al-Assad a semblé vouloir répondre à cet espoir : il a réalisé de nombreuses réformes économiques, qui ont satisfait la bourgeoisie sunnite ; il a libéré de nombreux prisonniers d’opinion ; il a appelé les exilés à rentrer pour entamer un dialogue ; il a autorisé un début de liberté de presse… C’est ce que l’on a appelé le « Printemps de Damas ».</p>
<p>Mais Bashar al-Assad n’est pas seul à la tête de la Syrie. Il est entouré de tout cet appareil politico-financier qui profite largement de l’état actuel des choses. Aussi, lorsque, très rapidement, l’opposition a commencé à réclamer des changements trop substantiels, le système a mis le holà et l’ouverture a pris fin, ce qui fut une grande déception pour ceux qui avaient cru à une démocratisation des institutions.</p>
<p>Ont peut donc comprendre que des pans entiers de la société civile aient espéré se libérer de cette chape de plomb, à la faveur du « Printemps arabe ».</p>
<p>Mais la société syrienne ressemble à un véritable patchwork confessionnel et communautaire. Les événements ont ravivé les oppositions et les craintes des uns et des autres, face à l’islamisme, surtout, au salafisme, le courant islamiste radical, et aux Frères musulmans, que d’aucuns croyaient anéantis depuis leur révolte en 1982 et l’interdiction de leur organisation, mais qui ont survécu dans la clandestinité et se révèlent aujourd’hui, à la tête du CNS notamment.</p>
<p>Une partie de la population a ainsi pris peur face à la tournure des événements et a préféré se rallier à l’ordre établi, mais sans cependant renoncer à changer le régime. Dans les faits, toutefois, elle a rejoint la frange de population favorable à l’actuel gouvernement et constitue incontestablement avec elle une majorité sur laquelle le régime baathiste peut trouver un solide appui.</p>
<p>La conjoncture syrienne n’est certainement pas comparable à ce qui s’est passé en Tunisie et en Égypte ni, dans d’autres circonstances, en Libye.</p>
<h6 style="text-align: center;"> <strong>La bataille de la désinformation médiatique</strong></h6>
<p>Les événements de Syrie constituent certainement un cas d’école extrême de désinformation médiatique, et peut-être plus encore que la guerre du Golfe de 1991, voire même que la guerre d’Irak de 2003 ou l’intervention atlantique en Libye en 2011.</p>
<p>Il ne s’agit pas de dénoncer un vaste complot médiatique contre la Syrie -pas de la part des médias occidentaux, en tout cas ; c’est différent en ce qui concerne certains médias arabes, à commencer par Al-Jazeera, instrument médiatique du Qatar qui a été très actif en Tunisie, en Libye et, à présent, intervient en Syrie-, mais de mettre en évidence les raisons de cette désinformation aux proportions saisissantes.</p>
<p>Certes, il est bien évident que la plupart des grands médias ont une ligne éditoriale déterminée par les intérêts de ceux qui les possèdent, leurs principaux actionnaires, des groupes financiers ou industriels, qui utilisent leurs médias pour influencer l’opinion.</p>
<p>Dans le cas de la Syrie, cela dit, les facteurs qui expliquent cette « désinformation » sont, d’une part, d’ordre strictement structurel et, d’autre part, ont pour origine un parti pris idéologique qui simplifie la « révolution » syrienne, de manière manichéenne, à la révolte de tout un peuple contre une intolérable dictature (c’est du moins le fait des médias occidentaux : les médias russes et chinois, par exemple, perçoivent quant à eux la crise syrienne sous un angle tout à fait différent, beaucoup plus favorable au régime, allié de leurs gouvernements respectifs).</p>
<p>Aujourd’hui, les rédactions ont été dégraissées et ne disposent plus d’assez de personnel, ni de moyens. Les journalistes n’ont plus la possibilité de se rendre sur le terrain, de vérifier l’information, ni le temps de recouper leurs sources. Ils se contentent donc trop souvent de faire du « desk-journalisme », de répercuter des « informations » qui proviennent de quelques grandes agences de presse, elles-mêmes bien souvent informées par des réseaux qu’elles ont constitués, généralement dans le milieu des ONG, dont certaines, derrière des étiquettes apparemment honorables, cachent en réalité des groupes d’intérêt étant partie prenante dans les événements.</p>
<p>Je prendrai pour exemple un cas bien concret : le 20 novembre, à la suite d’Al-Jazeera, toute la presse internationale a annoncé une attaque de roquettes contre le siège du parti Baath à Damas ; et d’aucuns en ont immédiatement tiré des conclusions catastrophistes pour le régime. Un de mes contacts à Damas m’a spontanément téléphoné, le jour-même, pour m’informer de ce que le bâtiment était intact. Deux coups de fil ont été suffisants pour vérifier l’information et publier une photographie du siège du Baath, qu’une amie sur place m’avait envoyée, avec, en avant-plan, la une d’un grand quotidien du lendemain de la prétendue attaque. Il est stupéfiant qu’aucune rédaction n’aie procédé à cette vérification élémentaire, qui relève du travail de base du journaliste.</p>
<p>Il faut aussi tenir compte d’un autre phénomène : la presse se nourrit d’elle-même et, en même temps, cherche le scoop vendeur, ce qui génère une spirale vicieuse dont il devient rapidement impossible de s’extraire ; pire : dans des cas similaires à celui que je viens de décrire, les médias ne démentent même pas après coup, par crainte du discrédit, laissant leurs lecteurs dans l’ignorance de la réalité, victimes de la supercherie.</p>
<p>Ainsi, concernant la Syrie, les grands médias restent sur leur ligne éditoriale, malgré les témoignages des quelques journalistes et chercheurs qui se sont rendus sur place.</p>
<p>Pourtant, de plus en plus de preuves sont fournies de ce que certaines composantes de l’opposition organisent une formidable désinformation de la presse occidentale. La source principale –et presqu’unique- qui est systématiquement mentionnée par les médias, à propos de la Syrie, c’est l’Observatoire syrien des Droits de l’Homme (OSDH), basé à Londres et présidé par l’avocat Rami Abdel Rahman, opposant au régime de longue date, connu en Syrie (il est cela dit presque impossible de l’approcher et son patronyme semble être utilisé comme pseudonyme par plusieurs des administrateurs de l’OSDH, ce qui ne manque pas de brouiller les pistes lorsque l’on essaie d’enquêter plus avant sur cette organisation).</p>
<p>Or, il a été établi à maintes reprises déjà que l’OSDH entretient des liens étroits avec les Frères musulmans (Rami Abdel Rahman serait lui-même membre de la confrérie) et intoxique les médias : la mystification des roquettes sur le siège du parti Baath à Damas était un produit de la collaboration d’Al-Jazeera et de l’OSDH.</p>
<p>Ainsi, les preuves de l’organisation de la désinformation par l’OSDH ne manquent pas, et je peux en produire plusieurs exemples, directement vécus sur le terrain.</p>
<p>Le vendredi 15 juillet, j’étais à Hama. J’ai assisté à une manifestation qui avait rassemblé entre 3.000 et 10.000 personnes. Le soir même, l’AFP, suivie des bulletins de France 24, d’Euronews et du journal Le Monde, annonçait 500.000 manifestants ! Leur source, à l’époque déjà : l’OSDH… La ville de Hama ne compte même pas 400.000 habitants, ce qu’aucune rédaction n’a vérifié avant de diffuser « l’information » en provenance de l’OSDH.</p>
<p>Autre exemple, tout récent celui-là : ce 27 décembre, j’étais à Damas lorsqu’on a annoncé une fusillade à l’université. Je me suis immédiatement rendu sur les lieux, puis à l’hôpital où les blessés étaient transportés. J’ai pu interroger, à chaud, les condisciples des étudiants concernés, des témoins directs qui connaissaient les victimes, et aussi la mère et la tante d’un des étudiants blessés, lequel est décédé quelques heures plus tard : un opposant au gouvernement, un étudiant, était entré dans une salle d’examen et avait tiré sur plusieurs de ses condisciples, en choisissant ses cibles, qui étaient toutes membres d’organisations étudiantes qui soutiennent le président al-Assad. L’auteur de la fusillade avait participé à un débat avec ses victimes et s’était sévèrement disputé avec elles. Dans les heures qui ont suivi, l’OSDH a publié un communiqué de presse, affirmant que plusieurs tireurs pro-régime avaient ouvert le feu sur le campus de l’université de Damas, tuant et blessant des étudiants qui manifestaient contre le gouvernement… Une « information » immédiatement reprise par l’ensemble des sites de presse occidentaux.</p>
<p>Le constat est pire encore en ce qui concerne les images qui nous sont envoyées par l’opposition, lesquelles, comme tout le matériel médiatique relatif à la Syrie, sont du même tonneau que les chiffres évoqués.</p>
<p>La plupart des images qui nous arrivent des manifestations en Syrie sont constituées de plans rapprochés, qui ne montrent en réalité que quelques centaines de personnes au plus. Et pour cause : c’est bien ainsi que les choses se passent sur le terrain.</p>
<p>Le manque d’esprit critique des responsables de l’information est tel, cependant, que les chaînes de télévision occidentales utilisent ces images pour illustrer les chiffres absurdes avancés, parlant de manifestations de centaines de milliers de personnes.</p>
<p>Mais il y a aussi les images que les médias ne montrent pas, celles des immenses manifestations de soutien au régime baathiste. Elles rassemblent, elles, des centaines de milliers de manifestants. Certes, elles sont dans la plupart des cas organisées par les autorités et, celles-là, les forces de l’ordre ne les répriment pas. Mais, pour y avoir assisté, je peux témoigner que les personnes qui y participent sont tout à fait sincères et soutiennent le président al-Assad, avec une ferveur non feinte, tout aussi ardente que celle des manifestants de l’opposition.</p>
<p>Aucune chaîne de télévision ne fait la promotion de ces immenses rassemblements, dont la vision perturberait le téléspectateur endoctriné dans la version manichéenne et simpliste évoquée. Les médias laissent ainsi croire à leurs auditeurs que le régime est face à une révolte de masse et est sur le point de s’effondrer, ce qui n’est absolument pas le cas.</p>
<p>Il est donc bien clair que les chiffres et les « informations » avancés dans la presse depuis des mois sont tout à fait farfelus et ne correspondent absolument pas à la réalité.</p>
<p>Les commentaires élaborés sur base de ces « informations » sont dès lors tout aussi farfelus, produits d’analystes qui ignorent tout du terrain et construisent des raisonnements aberrants au moyen de ce qu’ils glanent dans la presse…</p>
<p>La situation, en Syrie, est très loin d’être aussi catastrophique que ce qu’en disent la plupart des commentateurs et le régime baathiste n’est pas près de devoir céder.</p>
<h6 style="text-align: center;"> <strong>La perspective d’une intervention occidentale</strong></h6>
<p>Avant tout, la question est de savoir s’il y a matière à intervenir : les chiffres invérifiables –et invérifiés- avancés de part et d’autre, dans le cadre de cette guerre médiatique que se livrent le gouvernement et certains courants de l’opposition, ne permettent pas de justifier une intervention.</p>
<p>Certes, en Libye, personne ne s’est embarrassé d’une quelconque enquête sur la réalité des chiffres avancés. La résolution 1973 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui a autorisé l’intervention (et ouvert le champ à toutes les dérives, à la destruction de la ville de Syrte, qui n’était certainement pas prévue par la résolution dont l’objectif officiel –ne l’oublions pas- était la protection des populations civiles), a été votée sur base d’un rapport de la Ligue des droits de l’homme libyenne, qui affirmait que le gouvernement avait massacré six mille personnes. On sait aujourd’hui que ce fut là un énorme bobard. En somme, rien n’empêcherait d’en faire autant dans le dossier syrien&#8230;</p>
<p>Mais il faut aussi s’interroger sur la faisabilité d’une telle intervention. Une intervention est-elle possible ?</p>
<p>Le gouvernement syrien a le soutien de l’Iran, puissance régionale dont l’entrée en scène dans un conflit en Syrie pourrait entraîner la déstabilisation, voire l’embrasement de toute la région, y compris des pétromonarchies du Golfe, ce que personne ne souhaite pour des raisons bien évidentes. Une implication de l’Iran pourrait en outre entraîner une réaction israélienne, avec les conséquences que l’on peut imaginer dans la géopolitique du Monde arabe.</p>
<p>La Syrie a également le soutien de la Chine, grand consommateur de pétrole, qui s’approvisionne en Iran (la Chine aurait cela dit commencé à rechercher d’autres sources d’approvisionnement, dans la perspective d’une intervention occidentale contre l’Iran…), et de la Russie : Moscou, depuis les accords de Camp David, en 1978, c’est-à-dire le rapprochement entre l’Égypte et les Etats-Unis et la paix entre le Caire et Tel-Aviv, a progressivement perdu la bataille du Moyen-Orient, où il ne lui reste plus comme allié, aujourd’hui, que la Syrie. Or, Vladimir Poutine, depuis qu’il a repris les rênes de la Russie, essaie de réparer les dégâts des années Eltsine et de maintenir la Russie au rang de puissance mondiale, de puissance régionale à tout le moins.</p>
<p>Ainsi, dès que Français et Turcs, en novembre, avaient évoqué la possibilité d’une intervention commune en Syrie, la Russie avait envoyé des bateaux de guerre dans les ports syriens, pour marquer son territoire ; le message a été bien clair.</p>
<p>La Chine et la Russie sont toutes les deux membres permanents du Conseil de sécurité et utiliseront certainement leur veto contre toute velléité d’ingérence en Syrie. Et on peut même s’attendre à ce que la Russie montre les dents si une intervention devait néanmoins se produire (comme il s’en est produit sans accord onusien, en 2003, par exemple, en Irak, ou dans le cas de la soi-disant « indépendance » du Kosovo).</p>
<p>La Chine et la Russie sont en outre liées par le trop peu connu Traité de Shanghai de 1996, auquel l’Iran a été associée en tant qu’observateur en 2005. Ce traité, qui se profile de plus en plus comme le pendant sino-russe de l’OTAN, a été modifié en 2002, prônant un caractère « anti-hégémonique » à l’égard des États-Unis. La Syrie constitue dans ce cadre un enjeu de premier ordre.</p>
<p>Mais, au-delà de ces considérations, la problématique est en fait assez simple : aucun État occidental n’a d’intérêt à faire chuter le régime baathiste en Syrie, pas même Israël.</p>
<p>En Libye, les motivations de la spectaculaire intervention atlantique ont été limpides : Mouammar Kadhafi avait imposé aux sociétés pétrolières et gazières des contrats d’exploitation drastiques, qui réservaient à l’État libyen une part non négligeable des dividendes, lesquelles étaient en grande partie redistribuées à la population sous forme d’aide sociale (médecine gratuite, scolarisation, énergie aussi, etc.). À l’occasion du « Printemps arabe » et des troubles qui ont surgi dans une partie du pays, il a été possible pour les États intéressés de s’ingérer en Libye et de renverser son gouvernement pour le remplacer par une équipe beaucoup plus docile et favorable au libéralisme économique pur et dur. Avant même la chute de Kadhafi, la France, qui fut le fer de lance de l’opération, avait déjà négocié ses parts d’exploitation pétrolière avec le Conseil national de Transition, le nouveau gouvernement désormais en place à Tripoli.</p>
<p>Rien de tel ne préoccupe les Occidentaux en Syrie. Tout au contraire.</p>
<p>La Syrie n’est pas un pays très riche. Elle vend à l’Europe 98% du pétrole qu’elle produit et les États européens ont toujours eu d’excellents rapports avec Damas. L’absence de sanction efficace de la part de l’Union européenne en témoigne : l’UE a décrété la suspension de son approvisionnement pétrolier en Syrie ; mais Damas sait pouvoir écouler sa production par d’autres canaux et l’EU, pouvoir s’approvisionner ailleurs. On a donc assisté à un jeu de chaises musicales sans réelle conséquence pour le régime baathiste.</p>
<p>Dans le cadre de la politique états-unienne, la Syrie baathiste n’est plus un ennemi depuis longtemps : après les attentats du 11 septembre 2001, des accords ont été passés entre les Etats-Unis et la Syrie, qui se sont découvert un adversaire commun, les islamistes radicaux. Ainsi, des prisonniers détenus à Guantanamo ont été expédiés en Syrie pour y être interrogés et torturés. Les services secrets de ces deux États ont activement collaboré.</p>
<p>Ensuite, à partir de 2005, la France sarkozienne, grande alliée des Etats-Unis, a fait pression sur la Syrie en utilisant le Tribunal spécial pour le Liban, chargé d’enquêter sur l’assassinat du premier ministre libanais Rafiq Hariri : le gouvernement syrien en a été accusé. Parallèlement, les Etats-Unis ont poussé leur principal allié arabe, l’Arabie saoudite, à proposer des accords diplomatiques et économiques à la Syrie. Cette politique de la carotte et du bâton a été bien comprise par Damas, qui a accepté de se rapprocher d’avantage encore de Washington. L’enquête du Tribunal spécial a alors immédiatement été réorientée vers le Hezbollah au Liban.</p>
<p>Les troubles qui ébranlent la Syrie viennent ainsi mettre en péril près de dix années de diplomatie états-unienne et de normalisation des rapports avec Damas.</p>
<p>Enfin, Israël considère Bashar al-Assad comme un allié de fait : si le discours, à Damas, demeure très antisioniste, la Syrie, dans les faits, ne mène aucune action concrète et garantit à Israël une parfaite sécurité sur leur frontière commune, le Golan. Cette frontière est strictement surveillée par les Syriens, pour empêcher que des Palestiniens, parmi les 500.000 réfugiés qui vivent en Syrie, ne tentent des attaques contre Israël à partir du sol syrien. Tel-Aviv ne souhaite certainement pas voir une guerre civile ou les islamistes plonger un aussi bon voisin dans le chaos.</p>
<p>Dès lors, l’Occident attend, sans prendre de mesures réellement contraignantes contre le régime, dans l’espoir cynique que la situation se stabilisera et que l’ordre reviendra en Syrie.</p>
<p>Seule l’attitude de la France (son implication en faveur de l’ASL notamment) suscite l’interrogation. Et pas seulement en ce qui concerne la Syrie, d’ailleurs…</p>
<p>On ne peut pas dire que le gouvernement du président Sarkozy s’est montré très empressé à soutenir les révoltes dans les pays arabes. On ne peut oublier les mots ahurissants de la ministre française des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, qui avait proposé au dictateur Ben Ali et au gouvernement algérien une aide policière française pour encadrer efficacement les contestataires. Certes, la ministre a par la suite soutenu que l’on avait mal interprété ses propos, mais, en substance, le choix du gouvernement français était clair.</p>
<p>L’attitude soudainement très gesticulante de la France dans le cas de la Libye n’a dès lors pas manqué d’étonner, de prime abord du moins : c’est bien la France qui a tout mis en œuvre pour obtenir de l’ONU une résolution permettant l’intervention en Libye et l’on se souviendra des grosses goutes de sueur du successeur de Michèle Alliot-Marie, Alain Juppé, tentant de convaincre le Conseil de Sécurité auquel il n’est parvenu à arracher qu’une bien maigre adhésion… Mais nous savons quelles étaient les objectifs français.</p>
<p>Toutefois, une chose n’est pas élucidée encore, en ce qui concerne la Libye. Je me trouvais à Bengazi, en août, et j’ai eu l’opportunité d’assister à une réunion de diplomates étrangers et de membres du CNT. C’était juste avant l’assaut sur Tripoli. Le président du CNT, Moustafa Abd al-Jalil, était complètement paniqué : on venait d’apprendre qu’une colonne d’environ trois cents islamistes surarmés marchait sur la capitale. Or, personne ne savait qui les commandait et quel était leur agenda. C’est pourquoi le CNT, pour ne pas être débordé par ces islamistes, a donné l’ordre d’attaquer Tripoli, en catastrophe, trois semaines avant la date prévue. Par la suite, nous avons appris que ces islamistes étaient armés et financés par le Qatar. Et une diplomate britannique s’est offusquée ouvertement de ce que « <em>les Français étaient au courant ; ils s’étaient concertés avec le Qatar</em> », a-t-elle affirmé, « <em>mais ne nous ont pas avertis</em> ».</p>
<p><em></em>On connaît les relations privilégiées et personnelles qu’entretiennent le président Nicolas Sarkozy et l’émir du Qatar. Mais cela ne permet pas vraiment de voir clair dans ce jeu, qui n’est pour l’instant pas encore démêlé.</p>
<p>Le Qatar est omniprésent dans ce « Printemps arabe ». Je l’ai constaté au Caire, en Tunisie et en Libye. Le Qatar manipule l’opinion, au moyen de sa chaîne de télévision satellitaire, Al-Jazeera, et finance l’armement des rébellions.</p>
<p>Je l’ai constaté également en Syrie : certaines manifestations de l’opposition arborent des drapeaux qataris et, plus que partout ailleurs auparavant, plus qu’en Tunisie ou en Libye, Al-Jazeera s’adonne à une propagande éhontée contre Bashar al-Assad et n’hésite pas à monter de toutes pièces de fausses « informations » pour discréditer et affaiblir le régime de Damas.</p>
<p>Faut-il lier l’attitude de la France envers la Syrie à cette implication du Qatar et à un lien privilégié unissant les deux dirigeants de ces pays ?</p>
<p><em></em>À ce stade de notre information, tout ce qu’il est possible de faire, c’est de constater une nouvelle gesticulation française et de formuler cette hypothèse, mais qui ne répond ni à la question de savoir quel objectif commun poursuivraient la France et le Qatar, quels accords éventuels ils auraient passés, ni de comprendre pourquoi le Qatar, minuscule État, bien qu’immensément riche du fait de ses prodigieuses réserves gazières, veut manifestement jouer un rôle tellement important dans le « Printemps arabe » (un rôle sélectif, cela dit : Al-Jazeera s’est bien gardée de couvrir le Mouvement du 20 février au Maroc et les manifestations au Bahreïn, écrasées dans le sang avec l’appui des chars saoudiens et l’accord tacite des Etats-Unis, présents au Bahreïn avec leur cinquième flotte).</p>
<p>La problématique est d’autant  plus complexe que le Qatar, par sa politique, gêne son grand allié, les Etats-Unis, précisément qui, même si dans l’ensemble,  ont bien repris le contrôle de la partie, se seraient volontiers passés de tous ces soubresauts sur l’échiquier de leur « Grand Moyen-Orient ».</p>
<p>Mais c’est là toute la complexité de la politique moyen-orientale : un autre grand allié des Etats-Unis, l’Arabie saoudite, n’a-t-elle pas de tous temps financé l’islamisme radical, principale menace régionale à l’encontre de Washington ?</p>
<p>La question qui se profile désormais est celle de la porte de sortie que les différents protagonistes de la crise syrienne pourraient emprunter pour mettre fin à cet état de guerre civile latent qui accable le pays et risque de le mener assez rapidement à un point de non-retour qui, une fois dépassé, laissera peu de chance à un éventuel processus de réconciliation nationale.</p>
<p>Le gouvernement baathiste a multiplié les appels au dialogue, libéré de nombreux prisonniers politiques et promulgué plusieurs décrets par lesquels il a lâché du lest, laissant entrevoir la possibilité d’une transition vers la démocratie, mais une transition fatalement longue et sans heurts, ni inquiétude pour les actuels tenants du pouvoir.</p>
<p>Toutefois, l’attitude du gouvernement reste ferme et intransigeante face aux rébellions armées qui se sont manifestées à Homs et le long des frontières. Une intransigeance qui est dénoncée par les oppositions comme la volonté avouée de conserver l’autorité sur le pays. Et de conclure que Bashar al-Assad et ceux qui l’entourent n’ont en réalité aucune intention de négocier.</p>
<p>Mais la question ne s’applique pas qu’au gouvernement syrien : l’opposition également doit accepter la négociation. Or, toutes les composantes de la contestation s’y refusent : « <em>Bashar doit partir</em> » ; les plus radicaux réclament même son exécution.</p>
<p>Quoi qu’il en soit, après bientôt un an de troubles, tandis que la guerre des propagandes fait rage, que les morts s’accumulent de part et d’autre et que la société se déchire un peu plus chaque jour, il semble bien que, en Syrie, la « révolution » soit impossible.</p>
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		<title>La menace géopolitique chiite : analyse d&#8217;une représentation saoudienne</title>
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		<pubDate>Sun, 05 Feb 2012 15:43:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Romain Aby</dc:creator>
				<category><![CDATA[. POLE MOYEN-ORIENT ET MAGHREB]]></category>
		<category><![CDATA[Arabie Saoudite]]></category>
		<category><![CDATA[Chiites]]></category>
		<category><![CDATA[humanitaire]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[sunnites]]></category>

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		<description><![CDATA[« Les chiites sont des demi-juifs cachés.»  Nayef ben Abdul-Aziz al Saoud[1]. (1933) « Il faut expulser les chiites des pays musulmans&#8230; certains disent que les chiites sont musulmans parce qu&#8217;ils croient en dieu et en son prophète&#8230; mais je dis qu&#8217;ils sont hérétiques&#8230; ils sont les ennemis les plus vicieux des musulmans qui doivent être avertis [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h6 style="text-align: left;" align="right"><em><strong>« Les chiites sont des demi-juifs cachés.»  Nayef ben Abdul-Aziz al Saoud<a title="" href="#_ftn1">[1]</a>. (1933)</strong></em></h6>
<p style="text-align: left;" align="right"><em>« Il faut expulser les chiites des pays musulmans&#8230; certains disent que les chiites sont musulmans parce qu&#8217;ils croient en dieu et en son prophète&#8230; mais je dis qu&#8217;ils sont hérétiques&#8230; ils sont les ennemis les plus vicieux des musulmans qui doivent être avertis de leurs complots, ils doivent être boycottés et expulsés afin que les musulmans se protègent du mal.» Abdullah ben Jabrain<a title="" href="#_ftn2">[2]</a>.</em></p>
<p style="text-align: center;" align="right">******</p>
<p><strong>Comprendre les rivalités sectaro-religieuses entre sunnites et chiites n&#8217;est pas chose aisée. Il convient toutefois ne pas négliger cet aspect qui influe par bien des égards sur la politique extérieure des États de la péninsule arabique, au premier rang desquels on peut compter l&#8217;Arabie Saoudite. Un bref rappel historique de la différence entre ces deux branches de l&#8217;islam semble nécessaire avant d&#8217;aborder la géographie actuelle du chiisme dans la région du golfe Arabo-Persique.</strong></p>
<p>À la suite de la mort du prophète Mahomet en 632, de nombreuses luttes pour la succession ont abouti à une scission entre les fidèles. Ali ben abi Taleb<a title="" href="#_ftn3"><strong></strong><strong>[3]</strong></a>, quatrième calife de l&#8217;islam, est reconnu comme premier successeur légitime par une communauté de fidèles qui deviendra les chiites. C&#8217;est avec Hassan et Hussein, tous deux fils de Ali, que commence pour les chiites la lignée des douze imams dont le premier est Ali et le dernier Muhammad, qui n&#8217;est pas mort mais aurait été occulté en 874. Là où à l&#8217;origine il n&#8217; y avait qu&#8217;un point de séparation relevant de la généalogie, les imams successifs des chiites ont apporté des règles et des interprétations, qui ont transformé le chiisme en véritable religion dans la religion. Le chiisme s&#8217;insère dans une vue d&#8217;ensemble à trois étages avec les Kharidjites<a title="" href="#_ftn4"><strong></strong><strong>[4]</strong></a> comme exclus, tandis que les sunnites et chiites se livrent une rivalité de pouvoir au sein de la communauté de croyants. La violence des propos de certains dignitaires religieux s&#8217;explique par le fait que pour les sunnites, le chiisme est une hérésie.</p>
<p>De nos jours, la grande majorité des musulmans dans le monde sont sunnites, environ 85%, ce qui fait des chiites une minorité plutôt marginalisée géographiquement, puisque concentrée en grande partie en Iran. Ce pays compte environ 59 millions de chiites, soit 40% de l&#8217;ensemble des chiites duodécimains<a title="" href="#_ftn5"><strong></strong><strong>[5]</strong></a> dans le monde. Le poids des représentations est prépondérant lorsque l&#8217;on en vient à évoquer les relations actuelles entre sunnites et chiites dans la région du Golfe. Ainsi selon certaines rumeurs qui circulent dans la région, certains chiites se feraient tatouer sur la plante des pieds le nom des premiers califes reconnus par les sunnites, afin de pouvoir marcher dessus dans leur vie quotidienne. Il ne s&#8217;agit ici que d&#8217;une anecdote, toutefois celle-ci reflète bien les rancœurs qui sommeillent dans la région.  Des rancœurs également alimentées par la rivalité millénaire entre arabes et perses.</p>
<p>L&#8217;astronome et géographe danois Carsten Niebuhr (1733-1815), envoyé en Arabie par le roi Frédéric V du Danemark en 1762, décrivait des conflits récurrents entre Perses et Arabes «  <em>Comme en général ils n&#8217;ont pas beaucoup à perdre en terre ferme, dès qu&#8217;une armée persane approche, tous les habitants des villes et villages s&#8217;embarquent sur de petits bâtiments, et se sauvent dans quelque île du golfe Persique, ou de ses environs, jusqu&#8217;à ce que les ennemis se soient retirés. Car ils sont persuadés que les Persans ne s&#8217;établiront jamais sur une côte où ils seraient harcelés par eux et par les autres arabes<a title="" href="#_ftn6"><strong>[6]</strong></a>.</em> »</p>
<p>Comme évoqué précédemment, il n&#8217;a jamais été réellement question d&#8217;une présence perse définitive sur la rive sud du golfe Arabo-Persique. Pratiquement toutefois, le roi Abdallah aurait confié à des responsables américains en 2009 ne pas avoir confiance en l&#8217;Iran. Aux mêmes interlocuteurs, il aurait raconté sa rencontre avec le chef de la diplomatie iranienne, Manouchehr Mottaki, à qui il aurait demandé de s&#8217;éloigner du Hamas palestinien. Le ministre iranien aurait répondu que les relations entre l&#8217;Iran et le Hamas s&#8217;effectuent sur la base d&#8217;un rapprochement entre musulmans. À cette affirmation le roi aurait répondu une phrase lapidaire «  Non, ce sont des Arabes, et vous, Perses, n&#8217;avez pas à vous ingérer dans les affaires arabes»</p>
<p>Ces propos peuvent induire en erreur, dans la mesure où la rivalité actuelle n&#8217;est plus une rivalité entre Perses et Arabes mais bien entre sunnites et chiites, cette dernière étant toutefois héritière de la première. La primauté religieuse que s&#8217;arroge le pouvoir saoudien, grâce à son monopole sur les deux principaux lieux saints de l&#8217;islam, augmente les rancœurs iraniennes. En 1986, la police saoudienne avait capturé des agents iraniens qui tentaient d&#8217;introduire des explosifs à la Mecque pour déstabiliser le régime des Saouds. Le 31 juillet 1987, bravant les interdictions de manifester, les pèlerins iraniens ont provoqué de violentes émeutes, entraînant la mort de 400 des leurs en 4 jours à peine<a title="" href="#_ftn7"><strong></strong><strong>[7]</strong></a>. Suite à ces évènements, l&#8217;ayatollah Khomeyni suggéra que l&#8217;organisation du pèlerinage soit retiré aux Saouds et confié à une instance internationale.</p>
<p>Cette rivalité religieuse est d&#8217;autant plus intéressante qu&#8217;elle ne présente pas les acteurs comme deux blocs homogènes se livrant une compétition à distance, mais plutôt comme une présence variable sur de nombreux territoires éloignés les uns des autres, constituant autant de points de friction à l&#8217;échelle régionale.</p>
<p>La présence chiite sur le pourtour du golfe Arabo-Persique est indéniable. Face à l&#8217;Iran, territoire perse et chiite font face une multitude de monarchies arabes à majorité sunnite, la plupart devant gérer la présence délicate de communauté chiite sur leur territoire. Ces minorités n&#8217;ont bien souvent aucun lien direct avec l&#8217;Iran, pourtant la crainte d&#8217;une manipulation iranienne sur ces populations est grande.</p>
<p>Le roi Abdallah de Jordanie avait formulé en 2004 la notion « de croissant chiite », identifiant un axe allant de l&#8217;Iran au Liban en passant par l&#8217;Irak et la Syrie. Aux vues de cet axe il apparaît évident que le roi jordanien prenait en considération un alignement chiite mais surtout politique des États concernés sur l&#8217;Iran. La Syrie, allié fidèle de l&#8217;Iran, le Hezbollah dépendant de son allié iranien, qui prend petit à petit le contrôle de la politique libanaise, et l&#8217;Irak qui avec une majorité chiite peut éventuellement constituer un allié politique. Lorsque l&#8217;on évoque la géographie du chiisme, il ne faut pas négliger un axe nord-sud épousant la forme du golfe Arabo-Persique. Cet axe avec des communautés chiites dispersées au Koweït, à Bahreïn, en Arabie Saoudite aux Émirats Arabes Unis, ainsi qu&#8217;au Qatar, représente un complément géographique à l&#8217;axe identifié par le roi jordanien.</p>
<p><a href="http://www.grotius.fr/wp-content/uploads/2012/02/POLE_MO_PDF_chiite_La-menace-g+®opolitique-chiite-á-analyse-dune-repr+®sentation-saoudienne.pdf" target="_blank"><strong> Lire la version longue de l&#8217;article</strong></a></p>
<div>
<h6><strong><a title="" href="#_ftnref1">[1]</a> Prince héritier et ministre de l&#8217;Intérieur d&#8217;Arabie Saoudite, demi-frère de l&#8217;actuel roi Abdallah.<br />
</strong><strong><a title="" href="#_ftnref2">[2]</a> Membre influent de l&#8217;establishment religieux saoudien.<br />
</strong><strong><a title="" href="#_ftnref3">[3]</a> À la fois le protégé, le cousin, le fils spirituel, le disciple et le gendre de Mahomet.<br />
</strong><strong><a title="" href="#_ftnref4">[4]</a> C&#8217;est Ali qui donna ce nom à tout mouvement musulman contestataire.<br />
</strong><strong><a title="" href="#_ftnref5">[5]</a>    Appellation qui désigne le groupe des chiites qui croient dans l&#8217;existence des douze imams. 80% des chiites dans le monde sont duodécimains et ils sont majoritaires parmi les écoles de pensées chiites.<br />
</strong><strong><a title="" href="#_ftnref6">[6]</a> Source: Questions internationales: n° 46 &#8211; Les États du Golfe, prospérité et insécurité.<br />
</strong><strong><a title="" href="#_ftnref7">[7]</a> Source: <a href="http://www.larousse.fr/archives/journaux_annee/1995/49/moyen-orient_le_retour_de_saddam_hussein">http://www.larousse.fr/archives/journaux_annee/1995/49/moyen-orient_le_retour_de_saddam_hussein</a></strong></h6>
</div>
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		<title>Gray areas and dark thoughts: from social conflict to armed conflicts</title>
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		<pubDate>Sun, 05 Feb 2012 15:31:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jérôme Larché</dc:creator>
				<category><![CDATA[Grotius International]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[social conflict]]></category>
		<category><![CDATA[Suburbs]]></category>

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		<description><![CDATA[Since 2005’s French riots, suburbs, and more recently and surprisingly, some outskirts of downtowns, are still complex issues in which the comprehension and the support of the “suburbs” phenomenon have to be considered as systemic. But, the weakness of the “suburbs plans” which have been setting up by successive governments for many years denies this [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Since 2005’s French riots, suburbs, and more recently and surprisingly, some outskirts of downtowns, are still complex issues in which the comprehension and the support of the “suburbs” phenomenon have to be considered as systemic.</strong> <strong>But, the weakness of the “suburbs plans” which have been setting up by successive governments for many years denies this reality. Because of a lack of motivation and means. Because politicians don’t want to face the gray reality giving a lot of dark thoughts.</strong></p>
<h6 align="center"> “Clash with kalash’”</h6>
<p>The use of machine gunners AK 47(Kalashnikov) by small gangsters in Marseille, was given a lot of media coverage last weeks, above all because it ended with the death of a policeman and a 17 years old boy. These weapons of war are within everyone’s pocket (about hundreds of euros) and used in town, just for hold-ups which brought few money…these weapons coming from most of eastern Europe’s arms stockpiles have probably being used in some African and Balkan wars. They have been exchanged in Mafia traffic of drugs coming from Spain and Maghreb which had the cash but not the weapons. This complementarity did worked and is spreading today in some suburbs of our country, becoming new socio-economical gray areas or even political gray areas too.</p>
<p>The authorities’ response was very quick because policemen of Marseille’s anti-crime squad were equipped with pump-action shotguns. To answer force with force is reassuring for people in short term but limits are quickly reached and this method may, in some cases, create a stirring up effect of conflicts. The simplicity or we could say, the linearity of the policy response when there is such violence still stays unsuitable because it doesn’t take into consideration the new factors involved (sociological, economic, cultural and political).</p>
<h6 align="center"> <strong>Militarization of trivial events, trivialization of military actions</strong></h6>
<p><strong> </strong>These peripheral zones of our urban centres seem to be in the dark which make their comprehension much more difficult. Views are worth all realities. The reason why politicians want a militarization of the police response in these districts is the fact that they see these areas as “conflict zones” or gray areas at least. Gray areas and dark thoughts.</p>
<p>The recurrence of burglaries with Kalashnikov and the predominance of political and police response illustrate two worrying phenomena. Indeed, the militarization of trivial events now echoes the use of military actions in everyday life. Is it appropriate to assimilate a robbery as a war action? Today, the political and police response is questionable, especially because it combines a reduction in the numbers of police officers, making private security much more powerful and an arm race between “cops” and “gangsters” and we know, by experience, the vicious circle result. The BAC (anti-crime squad)’s role in suburbs has been recently studied by Didier Fassin who concludes that its actions contribute to enhance violence instead of being a mean of regulation or extinction. In a sociological viewpoint, we could put forward that these police methods permit to comfort the roles and functions of  “cops” and “gangsters” .</p>
<h6 align="center"> <strong>Definition and understanding of gray areas</strong></h6>
<p><strong></strong>The globalization process overspreading in our times triggered a progressive change of symbolic and real boundaries defined by populations and social groups. There are not local or global issues anymore but a combination of both, a “glocal”, which shook up and blurred lines, underlining the interdependence result. Lack of job security, unemployment, social stigmatization (social class phenomenon is also a reality in western world even if it’s not displayed), the difficult access to healthcare and housing, traffics and criminal businesses in connection (prostitution, drugs, weapons,…)or international criminal businesses. The recipes are the same everywhere: in the Courneuve, the New York’s ghettos or in Calcutta’s slums .Only their rates and their local practices are different. Are there obviously defined as gray areas?</p>
<p>Three criteria allow to define the hybrid and moving space called “gray area”: A competition of authority, a social deregulation and a privatization of the territory. Like some areas as Chad, Afghanistan or Somalia, French suburbs also became gray areas. The competition of authority with the police but also with civil authorities is undeniable and the conquest of new territories by some groups follows the recovery of lost territories by the others. These French gray areas are above all areas of social pathologies, in which the construction of identities is not in line with society anymore. This phenomenon may lead to a kind of separatism between government and citizens. This social deregulation is completed by a privatization of the territory in which gangsters define and share their sphere of influence and control. But this privatization of disorder also echoes a progressive privatization of the order which is not reassuring. Gray areas and dark thoughts.</p>
<h6 align="center"> <strong>Suburbs: social conflict or armed conflict?</strong></h6>
<p><strong></strong>In this liquid world in which answering with violence on these pockets of violence only contribute to move and reinforce it, “the software has to be changed” and the political short term responses influenced by electoral ambitions have to be stopped. The semantic and operational militarization of the actual political response seems to be doomed to failure. Conceived as a pacification strategy on a conflict zone, it doesn’t solve the real problem and none of social conflicts has ever been resolved with weapons. To deal with traffic and incivilities problems, it’s necessary to have a police response instead of a militia action. Plus, it’s necessary to respond to the social issue of suburbs: the problem of the stigmatization in the hiring process and the overdetermined unemployment, the difficult access to healthcare because of the insecurity noticed by emergency rescue teams but also because of financial and linguistic barriers. The transformation of some French suburbs into gray areas is neither a fatality nor an easy task. It’s the glocal product of globalization and the gaps created by this phenomenon. Indeed, these gray areas are a social and historic construction and it’s important to keep that in mind. It’s a political and social challenge because if the situation doesn’t change, there would be more and more violence.</p>
<p>The experience of the “failed states” shows that these real and scattered gray areas have been very often the first step of dangerous conflict situations (national conflicts most of the time). Anticipating these evolutions would have been easier than controlling them after the resolution of a conflict.</p>
<p>What is the connection with humanitarian actions? Everything, of course. When aid workers go to conflict zones, they often work in gray areas or in failed states and their insecurity is very high. They are faced with socio-economic precariousness, the difficult access of healthcare and housing, but also the local traffic (with some international branches) and the public and private coercion forces (police, soldiers). They are also faced with identity conflicts based on ethnic and races (often manipulated by different actors) and conflicts about territories (to monopolize a natural resource or a strategic situation) and they have to analyze them to adapt themselves to the different situations.</p>
<h6 align="center"> <strong>Conclusion</strong></h6>
<p><strong></strong>The comprehension of these gray areas (here and over there), the actors and their actions, is a citizen need. It concerns humanitarian workers, legitimate expressions of civil society, but also each of us. Some solutions are possible but it’s necessary to invest resources and a political involvement is especially required. Associations and municipalities really get involved in the reestablishment of social ties and in the mediation of local conflicts. In spite of that, there is a lack of confidence in words and actions of government because of the incoherence and some missed opportunities. Yet, traffics are a reality and socio-economic discrimination too, disturbing the daily life of the inhabitants.</p>
<p>Not naive worldliness or demonization “karchérisé”. Just the reality, reality just. The worst hypothesis, discussed in some places, would be that these gray areas affected by socio-economic problems turned into politico-cultural ones. The socio-political gap would be very difficult to close and could be the roots of more dangerous and violent conflicts. Through the social conflict of our suburbs are emerging armed conflicts. Gray areas and dark thoughts.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Analysis : Coping with climate change</title>
		<link>http://www.grotius.fr/analysis-coping-with-climate-change/</link>
		<comments>http://www.grotius.fr/analysis-coping-with-climate-change/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 05 Feb 2012 15:27:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Irin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Grotius International]]></category>
		<category><![CDATA[changing climate]]></category>
		<category><![CDATA[IRIN]]></category>
		<category><![CDATA[resilience]]></category>

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		<description><![CDATA[In the past five years, “resilience” (the ability to absorb shocks and recover) has become quite a buzzword in the aid community. Discussions on adapting to a changing climate are increasingly peppered with the “need to build resilience” of people, infrastructure and governments in the face of shocks such as soaring temperatures, rising sea levels, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>In the past five years, “resilience” (the ability to absorb shocks and recover) has become quite a buzzword in the aid community. Discussions on adapting to a changing climate are increasingly peppered with the “need to build resilience” of people, infrastructure and governments in the face of shocks such as soaring temperatures, rising sea levels, severe storms and flooding.</strong></p>
<p>In a <a href="http://www.dfid.gov.uk/Documents/publications1/HERR.pdf" target="_blank">review of its humanitarian operations</a> (HERR), the UK government was among the first donors to place resilience at the centre of its “approach both to longer-term development and to emergency response” and announced its intention to scale-up work on resilience.<br />
Aid experts and NGOs provide various reasons for the growing popularity and emergence of resilience as a concept. Some are sceptical. But they all agree it is a positive approach that will bring the worlds of development and humanitarian aid closer.</p>
<h6 style="text-align: center;"><strong>What does resilience mean in the aid world?</strong></h6>
<p>Some call it just another addition to the growing aid jargon. But mostly people call it a new approach, a “lens”, which has given new meaning to “sustainable development”.<br />
Maarten van Aalst, director of the Red Cross/Red Crescent Climate Centre and co-ordinating lead author of the summary of the special report on <a href="http://www.irinnews.org/report.aspx?reportid=94301">Managing the Risks of Extreme Events and Disasters to Advance Climate Change (SREX)</a> produced by the Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC) in 2011 explains it thus: Under the conventional sustainable development approach, if a road had to be constructed in a rural area, benefits &#8211; such as the impact on the lives of the communities living alongside, creation of job opportunities from the maintenance of the road and development of markets for the farming community &#8211; would have been taken into consideration.</p>
<p>This is what Peter Walker, a leading aid expert, calls the “linear” approach. The old development models “made projections into the future from recent trends and assumed that, all other things being equal, life would get better”. But with a resilience lens on, the government or aid agency responsible for the road will consider the possibility of external shocks or unexpected developments that might affect the road and people’s lives. “What if the area becomes prone to floods or if there is an earthquake, what if food prices increase because the contractors are better off than the local population? [These] would be some of the factors that the project would now consider,” explains Van Aalst.</p>
<p>The SREX defines resilience as “the ability of a system and its component parts to anticipate, absorb, accommodate, or recover from the effects of a hazardous event in a timely and efficient manner, including through ensuring the preservation, restoration, or improvement of its essential basic structures and functions”. A much simpler definition is offered by Simon Levine, a member of the Africa Climate Change Resilience Alliance (ACCRA), a consortium of NGOs and the Overseas Development Institute (ODI), where he is a research fellow: “It is the ability [of people, systems] to maintain their well-being.”</p>
<p>Paul Cook, Tearfund’s director of policy, says the climate change community in its efforts to integrate “resilience to climate change across all development sectors”, is seeking a definition of resilience or “strengthened development&nbsp;&raquo; that is broad and “ensures communities and ecosystems have the capacity to adapt to uncertain change”. Tom Mitchell, head of climate change at ODI and also an SREX co-ordinating lead author, agrees, suggesting that “the HERR’s decision to foreground resilience has helped to generate new conversations between those working on risks to development, meaning new connections are being made between conflict, disaster, financial and climate risk management that were not happening to anywhere near the same extent before the HERR came out. This can only be a good thing.”</p>
<h6 style="text-align: center;"><strong>Why the focus on resilience now? </strong></h6>
<p><strong></strong>Brian Walker, one of the world’s first resilience scientists, says the increasing realization that people are unable to control factors, such as earthquakes, or influence certain situations, such as long-running conflicts, or halt man-made climate change have forced them to consider this approach. “The world leaders and the global institutions we have at present are simply unable to slow down the changes in greenhouse gases, growing antibiotic resistance, ocean acidification, loss of forests, etc,” he wrote in an email to IRIN.</p>
<p>The development and humanitarian community of the 1970s and 1980s were optimistic, believing that given enough time and money for innovation, all the problems in the world could be fixed, says Peter Walker, who heads the Feinstein International Center at Tufts University. But that optimism has been ebbing in the past few years, fuelled by unresolved conflicts such as in Afghanistan. “As we come to understand the complexity of systems more and as we have evidence that we control only a small part of how these systems evolve, planners’ goals shift from ‘forcing’ systems along a path they determine, to seeking ways to nudge systems into states that will withstand shock.”</p>
<p>But others like Tom Bigg, a development policy expert at the International Institute for Environment and Development (IIED), see the reason for the shift as partly political and to do with basic rights. He thinks the resilience approach is about looking for solutions within (a person, system or a country) that make it more empowering than the previous development approach where “people were passive victims for whom change was determined externally”. Richard Klein, a scientist at the Stockholm Environment Institute (SEI), who is leading the work on adaptation for the IPCC’s next assessment, says the increasing use of the word resilience “has to do with the positive connotation it has. ‘Enhancing resilience&#8217; sounds better as a policy objective than &#8216;reducing vulnerability&#8217;, although by and large they would involve the same activities.”</p>
<h6 style="text-align: center;"><strong>Where does the concept fit into an aid system?</strong></h6>
<p>The resilience theory developed in 1973 by Buzz Holling, an ecologist, exists in all disciplines – economists look at how markets reorganize themselves after shocks, political scientists consider how fragile countries recover after war and so on. The study of resilience is a multi-disciplinary science. It is difficult to trap resilience in a silo of its own, says ODI’s Levine. Its usefulness lies in the fact that it has built bridges between the worlds of development, relief and disaster risk reduction – as the goal of all these sectors is to produce individuals, communities, countries or any system able to withstand shocks, he said.</p>
<h6 style="text-align: center;"><strong>Its application differs</strong></h6>
<p>Some view it as similar to the participatory, consultative approach &#8211; where existing communities’ capacity and expectations to cope and recover are taken into account when planning disaster risk reduction programmes. NGOs such as the Red Cross/Red Crescent have been working with this approach for the last few years. The UK Department for International Development (DFID) has developed projects that enhance resilience to disasters. For instance, in the Productive Safety Net Programme (PSNP) that covers 7.8 million people in Ethiopia by providing regular and predictable cash and food transfers, DFID has introduced a new risk financing mechanism. This allows the programme to expand in times of shock such as a particularly long dry season, for longer periods or to cover more people.</p>
<p>In the past five years there have been increased efforts to integrate adaptation and disaster risk reduction as both &laquo;&nbsp;aim to reduce the impacts of shocks by anticipating risks and addressing vulnerabilities&nbsp;&raquo;. <a href="http://www.irinnews.org/report.aspx?reportid=85372">IPCC’s SREX was an attempt to do that</a>. Then there have also been efforts to integrate the two into development planning and practice, says Van Aalst. “Resilience is often used as a convenient umbrella concept that captures some of this integration.”</p>
<h6 style="text-align: center;"><strong>Funding issues </strong></h6>
<p><strong></strong>There is no separate funding for resilience. But a specific project within a single sector like the risk financing mechanism in Ethiopia’s PSNP could possibly find openings. DFID has started looking at it from a disaster resilience and conflict perspective. According to Tearfund’s Cook, “It will obviously be challenging to try to channel money for building up resilience across the whole range of sectors in a coherent way but, for us, it would seem counterproductive to establish stand-alone resilience initiatives,” he added. After all it is a concept that looks at things in totality.</p>
<p>Partners in Resilience is a five-year project run in five countries which integrates risk-reduction, adaptation and environmental protection using resilience as an umbrella, bringing NGOs such as the Netherlands Red Cross, Care, Wetlands International, CORDAID and the Red Cross/Red Crescent Climate Centre together. But the project raised the money by aligning its objectives with that of the Netherlands Development Aid – in this case it was poverty alleviation, civil society building and so on.</p>
<h6 style="text-align: center;"><strong>The problems</strong></h6>
<p>Van Aalst raises two concerns. The real problem around implementation concerns capacity and scale. “It is easy to run pilot projects and try to influence change but initiatives like these need to be scaled-up to make a difference. And if you want to scale-up you need capacity and you need to keep the objectives simple and not confuse people on the ground with yet another term.&nbsp;&raquo; He suggested being realistic about the kind of outcomes sought from a project. The other problem was the word might hide the underlying causes of vulnerability, particularly inequalities, he said. &laquo;&nbsp;The causes of vulnerability are often closely related to development decisions that create vulnerability.&nbsp;&raquo; For instance, the creation of urban slums in areas exposed to environmental risks such as river banks.</p>
<p>Ultimately, as Klein points out, &laquo;&nbsp;I don&#8217;t believe in the possibility of rationally calculating the optimal level of preparedness/adaptation/resilience of society. There is no such thing as zero risk; the level of risk a society is exposed to is a social and political decision.&nbsp;&raquo;<br />
<strong><br />
jk/mw/Irin</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Sarah Abdelnour : Les nouveaux prolétaires (Ed. Textuel, collection Petite encyclopédie critique)</title>
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		<pubDate>Sun, 05 Feb 2012 15:22:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grotius International</dc:creator>
				<category><![CDATA[Notes de lecture]]></category>
		<category><![CDATA[" Les nouveaux prolétaires"]]></category>
		<category><![CDATA[Sarah Abdelnour]]></category>

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		<description><![CDATA[Prolétaire&#8230; Le mot paraît anachronique tant ont été déçus les espoirs révolutionnaires placés en lui. Même le terme d&#8217;ouvrier semble banni du débat public. Un &#171;&#160;gros mot&#160;&#187; qui représente pourtant une réalité : les ouvriers constituent un quart de la population active aujourd&#8217;hui. Et plus de la moitié des salariés sont exposés à une forme [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h6 style="text-align: center;"><strong>Prolétaire&#8230;</strong></h6>
<p style="text-align: left;">Le mot paraît anachronique tant ont été déçus les espoirs révolutionnaires placés en lui. Même le terme d&#8217;<em>ouvrier</em> semble banni du débat public. Un &laquo;&nbsp;gros mot&nbsp;&raquo; qui représente pourtant une réalité : les ouvriers constituent un quart de la population active aujourd&#8217;hui. Et plus de la moitié des salariés sont exposés à une forme de pénibilité physique dans leur travail. Sarah Abdelnour montre que ces termes conservent leur actualité pour comprendre l&#8217;évolution du monde du travail. Les nouveaux prolétaires, ce sont d&#8217;abord les mêmes que les anciens, les ouvriers soumis à un travail dur pour un salaire faible. Mais ce sont aussi les employés ainsi que tous les travailleurs précaires et mal protégés dont le nombre augmente aujourd&#8217;hui, femmes et immigrés en tête. Et si les luttes des nouveaux prolétaires sont encore fragiles, elles n&#8217;en portent pas moins des enjeux politiques décisifs pour l&#8217;avenir.</p>
<h6 style="text-align: center;"><strong>Plan de l&#8217;ouvrage :</strong></h6>
<p>1. Le travail a-t-il toujours été précaire ? Ou : tous les salariés sont-ils des prolétaires ? 2. Qui sont les nouveaux prolétaires ? Ou : les nouveaux habits de la domination au travail 3. Pistes d&#8217;analyse : les dynamiques de la précarité <strong>Ancienne élève de l&#8217;École normale supérieure de Cachan, Sarah Abdelnour est</strong> <strong>sociologue, agrégée de sciences économiques et sociales et membre du</strong><strong> Centre Maurice Halbwachs (CNRS-ENS-EHESS).</strong></p>
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		<title>Syrie, Maroc, Iran&#8230; Quelles révolutions pour 2012?</title>
		<link>http://www.grotius.fr/syrie-maroc-iran-quelles-revolutions-pour-2012/</link>
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		<pubDate>Sun, 05 Feb 2012 15:14:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Puchot</dc:creator>
				<category><![CDATA[Mediapart]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
		<category><![CDATA[Maroc]]></category>
		<category><![CDATA[révolutions]]></category>
		<category><![CDATA[Syrie]]></category>

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		<description><![CDATA[Une année, déjà, nous sépare de la fin du régime de Ben Ali et des premières manifestations place Tahrir, au Caire. Qu’avons-nous appris, qu’avons-nous compris des révolutions tunisienne et égyptienne ? Que le processus de redéfinition politique et social est bel et bien profond, et ne se limite pas à une simple alternance assurée par les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://www.grotius.fr/wp-content/uploads/2010/08/images.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-2527" title="logo Mediapart" src="http://www.grotius.fr/wp-content/uploads/2010/08/images.jpg" alt="logo mediapart" width="105" height="76" /></a>Une année, déjà, nous sépare de la fin du régime de Ben Ali et des premières manifestations place Tahrir, au Caire. Qu’avons-nous appris, qu’avons-nous compris des révolutions tunisienne et égyptienne ? Que le processus de redéfinition politique et social est bel et bien profond, et ne se limite pas à une simple alternance assurée par les partis d’obédience islamique. C’est ce processus que nous continuerons d’observer en 2012, au-delà de la Tunisie et de l’Egypte, dans chacun des pays d’un arc qui s’étend du Maroc au Pakistan. Avec des perspectives, il est vrai, très différentes.</strong></p>
<h6 style="text-align: center;"><strong></strong><strong>Les bouleversements à venir</strong></h6>
<p>L’exemple <strong>yéménite</strong> montre que la durée du processus révolutionnaire ne fait rien à l’affaire. Qu’importe l’attente : après dix mois de révolte et d’une répression ayant causé la mort de plusieurs centaines de citoyens, Ali Abdallah Saleh a fini par solliciter le pardon du peuple, dimanche 22 janvier, et quitter le pays.</p>
<p>Le 23 novembre 2011, sous la pression des manifestants, le chef d&#8217;Etat avait signé à Riyad un accord, conçu par les monarchies du Golfe, qui posait le cadre d’un transfert « pacifique » du pouvoir. Saleh passe ainsi la main à son vice-président Abdo Rabbo Mansour Hadi, jusqu&#8217;à l&#8217;élection anticipée du 21 février. En vertu de cet accord, il bénéficie d&#8217;une immunité le protégeant de toute poursuite pour la répression dont il est responsable. Blessé lors d&#8217;une attaque, le chef d&#8217;Etat yéménite a demandé l&#8217;asile à Washington le temps de se faire soigner. Requête acceptée par Barack Obama, qui considérait le Yémen de Saleh comme un allié de poids dans la lutte contre le terrorisme et Al Qaïda. Dans le sud du pays, c’est d’ailleurs les affrontements entre d&#8217;un côté les mouvements tribaux et révolutionnaires et de l&#8217;autre les troupes d’Al Qaïda qui font aujourd’hui l’actualité…</p>
<p>Après 33 ans de règne, Saleh sort donc par la grande porte, son clan tient toujours les rênes du pays, dans des conditions qui laissent certainement songeur l’ex-président tunisien Ben Ali, qui s’ennuie ferme en Arabie saoudite, au point d’avoir, comme <a href="http://www.mediapart.fr/journal/international/161211/en-arabie-saoudite-ben-ali-ecrit-son-livre-testament">nous le révélions </a>en décembre, entamé l’écriture de ses mémoires.</p>
<h6 style="text-align: center;">En Syrie, le scénario yéménite fait des envieux.</h6>
<p>Un plan élaboré autour du secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi, prévoit même un transfert du pouvoir du président Assad à son vice-président et un départ, à terme, du chef de l&#8217;Etat. Il est aujourd’hui rejeté en bloc par le régime syrien, lequel a lancé depuis le mercredi 25 janvier, une nouvelle offensive d’ampleur. <em>« L&#8217;armée pilonne la ville de Hama </em>(210 kilomètres au nord de Damas)<em> à l&#8217;arme lourde en utilisant des lance-roquettes »</em>, pour la deuxième journée consécutive, ont affirmé les comités locaux de coordination (opposition syrienne). Après un an de luttes, la répression syrienne a fait plus de 5.000 morts, selon la haut-commissaire aux droits de l&#8217;Homme, Navi Pillay.</p>
<p>À l’ONU, la Russie fait toujours barrage au vote d’une nouvelle résolution, dans l’esprit du plan de la Ligue arabe, qui semble aujourd&#8217;hui la seule solution à même de recueillir l&#8217;agrément des Etats de la région, de la communauté internationale et de l&#8217;opposition syrienne. Seul, le Qatar demeure partisan d’une intervention militaire pour mettre fin au régime de Bachar El-Assad. Le président syrien planifierait de son côté une partition de la Syrie pour créer un Etat alaouite au nord-ouest, selon l&#8217;ancien vice-président syrien, Abdel Halim Khaddam, en exil à Paris depuis 2005.</p>
<p>Pour l’opposition syrienne, il est temps de passer à une nouvelle étape. <em>« Nous devons donc maintenant organiser le travail et la coordination entre tous les acteurs,</em> <a href="http://www.mediapart.fr/journal/international/200112/souheir-al-atassi-comment-les-revolutionnaires-preparent-la-syrie-de-la?page_article=2">confiait</a> la semaine passée à Mediapart, Souheir al-Atassi, figure de l’opposition syrienne. <em>Ils sont les quatre piliers de la révolution : le mouvement révolutionnaire pacifiste, le Conseil national syrien (CNS), qui est son visage politique et diplomatique, l’Armée libre de Syrie (ASL) et les soldats qui ont fait défection et enfin les médias qui ont joué et continuent de jouer un rôle important dans la révolution, en particulier le réseau d’information Sham (Shabakat Sham al-Akhbarriyat, SNN). »</em></p>
<h6 style="text-align: center;"><strong>Les Etats fossilisés</strong></h6>
<h6 style="text-align: center;"><strong><br />
</strong></h6>
<ul>
<li><strong>Au Maroc, les tours de passe-passe de Mohammed VI</strong></li>
</ul>
<p>Le roi et ses conseillers ont démontré que la monarchie avait conservé toute son habileté politique. Poussé le 9 mars 2011 à <a href="http://www.mediapart.fr/journal/international/140311/au-maroc-apres-le-discours-les-contradictions-du-pouvoir">un discours audacieux</a> (qui intégrait l’ambition d’une monarchie parlementaire et semait le doute au sein de l’élite marocaine) par un mouvement dit « du 20 février » qui contestait son autorité avec une virulence inédite, Mohammed VI fit voter début juillet un référendum sur sa réforme par le peuple, qui s’apparentait davantage à un plébiscite royal qu’à la redéfinition des périmètres du Palais.</p>
<p>Par la suite, à l’issue des législatives de novembre 2011, Mohammed VI a nommé Abdelilah Benkirane au poste de premier ministre, désormais dévolu au parti comptant le plus de sièges au Parlement. Malgré les annonces et les effets de manche, la prise de pouvoir du Parti justice et développement (PJD, musulman conservateur) d’Abdelilah Benkirane demeure en grande partie virtuelle, puisque le Palais reste souverain dans le vote et l’arbitrage des grands axes de la politique économique et sociale du pays.</p>
<p>À l’étranger, le monarque peut également compter sur des relais efficaces auprès d’une intelligentsia qui se réjouit de la révolution tunisienne, mais estime que le modèle marocain demeure <em>« à part »</em>, porté par un souverain populaire, et en aucun cas comparable à la Tunisie ou à l’Egypte. Une lecture contestable, quand le sous-développement de l’économie marocaine provoque des tensions similaires à celles qui ont engendré la révolution tunisienne. Des centaines de diplômés au chômage se sont encore rassemblés, mercredi 25 janvier, devant une annexe du ministère de l&#8217;éducation nationale à Rabat, pour demander l&#8217;ouverture d&#8217;une enquête sur le décès d&#8217;un jeune diplômé qui avait tenté de s&#8217;immoler par le feu.</p>
<p><em>« Nous exigeons du gouvernement l&#8217;ouverture d&#8217;une enquête impartiale sur la mort hier (mardi) de notre camarade Abdelwahab Zeidoun »</em>, a déclaré Said Azoubar, l&#8217;un des diplômés, au correspondant de l&#8217;AFP. Des forces de police encerclent depuis deux semaines cette annexe du ministère de l&#8217;éducation, dont une partie est occupée par une centaine de diplômés au chômage. Abdelwahab Zeidoun, 27 ans, qui participait à un sit-in le 18 janvier avec une centaine d&#8217;autres diplômés chômeurs, est mort de ses blessures à l&#8217;hôpital où il avait été transporté.</p>
<p>Cette révolte des diplômés-chômeurs se heurte à l’ineptie des choix macro-économiques du Palais, qui prépare la création d’une ligne TGV sur la côte marocaine, alors que des régions entières demeurent enclavées et coupées de tout dans l’intérieur du pays. Un schéma qui ressemble trait pour trait au « modèle » tunisien. Seule différence de taille, et c’est un atout fort pour la préservation de la monarchie, le taux d’analphabétisme (39,7 % de la population marocaine<a href="http://www.pnud.org.ma/omd.asp"> en 2009 selon le PNUD</a>, contre moins de 10 % pour la Tunisie). C’est sur cette différence, qui pèse considérablement sur le développement de la conscience politique de la société marocaine, que le monarque compte préserver son autorité et geler la marche du Maroc vers une monarchie parlementaire qu’il avait pourtant promis d’instaurer.</p>
<ul>
<li><strong>En Algérie, un silence forcé</strong></li>
</ul>
<p>L’Algérie, qui a connu des mouvements sociaux dans les 48 wilayas (préfectures) du pays depuis la fin 2010, demeure ce pays riche (150 milliards de dollars de réserves de devises en 2011), où l’économie de rente pétrolière permet de construire des routes, ou de prolonger des lignes électriques pour acheter la paix sociale.</p>
<p>Dans le même temps, la répression du mouvement est implacable. Au mois d’avril 2011, le professeur Ahmed Keroumi, enseignant au département de communication à l’université d’Oran, et membre de la coordination nationale pour le changement démocratique (CNCD), fut même retrouvé sans vie dans le local du Mouvement démocratique et social (MDS, opposition).</p>
<p>Dans la perspective des élections législatives de mai 2012, la classe politique se livre de son côté à d’invraisemblables micmacs. Espérant surfer sur les vagues tunisienne et marocaine, le Mouvement de la société pour la paix (MSP, musulman conservateur) a décidé, dimanche 1<sup>er</sup> janvier 2012, de se séparer de ses deux partenaires au sein de l’alliance présidentielle, le Front de libération nationale (FLN) et le Rassemblement national démocratique (RND). Précision toutefois : le parti islamiste, qui a voté toutes les lois clés du président Bouteflika, ne quitte pas pour autant le gouvernement et y maintient ses quatre ministres ! En 2012, l’Algérie, qui fêtera le cinquantième anniversaire de la signature des accords d’Evian le 18 mars, demeure prisonnière d’un parti-Etat, le FLN, au service d’une oligarchie peu désireuse d’assurer aux Algériens un développement économique harmonieux. Nous y reviendrons largement dans les prochaines semaines.</p>
<ul>
<li><strong>L&#8217;Arabie saoudite, puissance fragilisée</strong></li>
</ul>
<p>Le royaume demeure une puissance que l&#8217;on écoute, notamment lorsqu’il annonce dimanche dernier le retrait de ses observateurs en Syrie, sanctionnant ainsi l&#8217;échec de la mission de la Ligue arabe, et appelle la communauté internationale à exercer <em>« toute la pression possible »</em> sur Damas. Mais, contrairement au Qatar qui étend son influence en Libye et dans tout le monde arabe, après avoir obtenu à Doha en 2008 la signature de l’accord politique libanais, l’Arabie saoudite luttera en 2012 pour ne pas voir son influence se réduire telle une peau de chagrin.</p>
<p>La faute à une absence d’ouverture démocratique, de diversification économique, mais aussi à un arsenal législatif totalement opaque, comme l’explique fin janvier l’<a href="http://carnegieendowment.org/2012/01/23/why-won-t-saudi-arabia-write-down-its-laws/950d">un des spécialistes</a> du think tank américain <em>Carnegie endowment</em>. Cette année encore, la principale préoccupation du roi saoudien sera de contenir les populations chiites juchées sur les puits de pétrole, et qui constituent, à terme, une menace réelle pour la pérennité du royaume.</p>
<ul>
<li><strong>En Israël, la société ne parvient pas à s&#8217;extraire de ses contradictions</strong></li>
</ul>
<p>Nous avons abondamment décrit <a href="http://www.mediapart.fr/journal/international/220911/israel-ce-que-disent-les-acteurs-dun-mouvement-social-historique">ces mouvements sociaux</a> qui ont rassemblé plus de 500.000 personnes dans les rues à l’été 2011. En réaction, le premier ministre Benjamin Nétanyahou a fait adopter par son gouvernement, le 9 octobre dernier, des propositions de réformes pour abaisser le coût de la vie et des logements, réduire les impôts et améliorer le financement de l&#8217;éducation des enfants en bas âge. Des mesures proposées dans un premier temps par un rapport de l&#8217;économiste Manuel Trajtenberg, président d&#8217;une commission gouvernementale nommée par Nétanyahou.</p>
<p>Cet ensemble de réformes économiques a toutefois été jugé très insuffisant par les animateurs du mouvement social. Fin octobre, de nouvelles manifestations ont rassemblé plusieurs dizaines de milliers de citoyens.</p>
<p>Axées sur les problématiques économiques, les manifestations n’en demeurent pas moins le signe d’une redéfinition générale des groupes et des corps sociaux en Israël, jusqu’ici essentiellement organisés sur un principe communautaire. C’est le sens notamment des comités de logements, qui mêlent deux communautés particulièrement antagonistes, les Juifs d’Afrique du Nord (mizrahim) et les Arabes israéliens, autour d’une problématique dont ils sont les premières victimes. C’est cette évolution sociale qu’il faudra observer cette année quand, déjà, le gouvernement israélien remet sur le tapis sa vieille obsession, l’<strong>Iran</strong> (qui réélira son président en 2013) et la possibilité d’une offensive préventive pour neutraliser son arsenal nucléaire supposé.</p>
<ul>
<li><strong>Au Pakistan, c’est la permanence même de l’Etat qui est menacée</strong></li>
</ul>
<p>Le Pakistan est désormais un pays où l’armée et le gouvernement se livrent une guerre ouverte. Elle couvait certes depuis les années 1980 et les liens troubles entretenus entre services de renseignements, l’ISI, relais occasionnels des Etats-Unis, et les réseaux terroristes internationaux.</p>
<p>Au printemps 2011, l’envoi d’un mémorandum au Pentagone demandant une assistance américaine face à un risque de coup d&#8217;Etat avait fait couler beaucoup d’encre. En 2012, c’est désormais la menace directe d&#8217;un coup de force militaire que redoute le gouvernement pakistanais. Mardi 24 janvier, le premier ministre Youssouf Raza Gilani a rencontré les responsables de l&#8217;armée et des services du renseignement pour discuter de cette affaire. Mais l’avenir de son gouvernement ne tient aujourd’hui qu’à un fil. En 2012, l’avenir du Pakistan sera sans nul doute l’un des principaux sujets de préoccupation de la communauté internationale.</p>
<p><strong> </strong></p>
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		<title>« Adopter et transmettre &#8211; Filiations adoptives dans le judaïsme contemporain », par Sophie Nizard</title>
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		<pubDate>Sun, 05 Feb 2012 15:06:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grotius International</dc:creator>
				<category><![CDATA[Notes de lecture]]></category>
		<category><![CDATA[adoption]]></category>
		<category><![CDATA[judaisme]]></category>
		<category><![CDATA[Sophie Nizard]]></category>
		<category><![CDATA[transmission]]></category>

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		<description><![CDATA[À partir des processus d’adoption par des parents juifs, Sophie Nizard révèle comment se disent l’histoire, la mémoire, la transmission, le rapport entre l’identité religieuse et familiale d’une part et le biologique ou l’hérédité d’autre part. L’adoption est au croisement des problématiques de la transmission familiale, de la mémoire, et de la religion. Que devient [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://www.grotius.fr/wp-content/uploads/2012/02/adopter_et_transmettre.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-12867" title="adopter_et_transmettre" src="http://www.grotius.fr/wp-content/uploads/2012/02/adopter_et_transmettre.jpg" alt="Couverture du livre Adopter et Transmettre" width="160" height="248" /></a>À partir des processus d’adoption par des parents juifs, Sophie Nizard révèle comment se disent l’histoire, la mémoire, la transmission, le rapport entre l’identité religieuse et familiale d’une part et le biologique ou l’hérédité d’autre part.</strong></p>
<p>L’adoption est au croisement des problématiques de la transmission familiale, de la mémoire, et de la religion. Que devient dans ce contexte la transmission matrilinéaire de la judéité ? Par quelles voies les parents adoptants introduisent des enfants non biologiques dans les canaux de la filiation et de la transmission mémorielle ou religieuse du judaïsme ?</p>
<p>À partir de cas d’adoption dans des familles juives pratiquantes et non pratiquantes, en France et en Israël, l’auteur met en évidence les enjeux et les complexités autour de ce qu’est être ou devenir juif, aujourd’hui, rend compte du parcours de l’adoption et des questions qu’elle soulève aux divers acteurs : institutions religieuses, organismes d’adoption, travailleurs sociaux, enfants adoptés et parents adoptifs. Elle livre une analyse fine et sensible de la parenté en monde juif, décrit les différences des contextes juridique et légal des deux pays.</p>
<p>Cette comparaison permet de comprendre comment dans deux contextes extrêmement différents du point de vue des rapports entre le politique et le religieux, travaille la définition de l’appartenance : qu’est-ce qu’être français, qu’est-ce qu’être israélien, qu’est-ce qu’être juif dans les deux configurations ?</p>
<p><strong> </strong><a href="http://www.editions.ehess.fr/" target="_blank"><strong>Editions de l&#8217;EHESS</strong></a><strong></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Voyages au cœur de la planète islam</title>
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		<pubDate>Sun, 05 Feb 2012 14:47:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grotius International</dc:creator>
				<category><![CDATA[Notes de lecture]]></category>
		<category><![CDATA[humanitaire]]></category>
		<category><![CDATA[Islam]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Le livre de Wendy Kristianasen, Voyages au coeur de la planète islam, arrive à point nommé: reprenant en sections thématiques ses articles écrits sur la question de l&#8217;islam et de l&#8217;islamisme dans le monde musulman, avec une focale principale sur le monde arabe et quelques ouvertures sur l&#8217;Inde, l&#8217;Indonésie et l&#8217;Iran, il retrace près de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://www.grotius.fr/wp-content/uploads/2012/02/voyage_au_coeur_de_la_planete_islam.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-12861" title="voyage_au_coeur_de_la_planete_islam" src="http://www.grotius.fr/wp-content/uploads/2012/02/voyage_au_coeur_de_la_planete_islam.jpg" alt="Couverture di livre voyage au coeur de la planète Islam" width="200" height="301" /></a>Le livre de Wendy Kristianasen, <em>Voyages au coeur de la planète islam</em><em></em>, arrive à point nommé: reprenant en sections thématiques ses articles écrits sur la question de l&#8217;islam et de l&#8217;islamisme dans le monde musulman, avec une focale principale sur le monde arabe et quelques ouvertures sur l&#8217;Inde, l&#8217;Indonésie et l&#8217;Iran, il retrace près de 20 ans d&#8217;évolution de l&#8217;islamisme et des pratiques liée à l&#8217;islam. En creux, le livre met aussi en perspective la question d&#8217;une modernité musulmane, transitant par le référent religieux tout en faisant la part belle aux différents répertoires culturels et politiques dominants sur la scène internationale (la démocratie, les droits des femmes).</strong></p>
<p>C&#8217;est d&#8217;abord &#8211; et avant tout &#8211; l&#8217;islamisme que Wendy Kristianasen interroge. Une thèse majeure traverse son ouvrage: l&#8217;islamisme, en interagissant avec la sphère politique, est dans une rationalité pragmatique. Il s&#8217;adapte, revisite les anciens dogmes et, une partie de ses composantes évolue lentement vers l&#8217;intégration du référentiel démocratique.</p>
<p>Ainsi, Wendy Kristianasen montre la progressive intégration de l&#8217;idée de politique partisane par le Hamas palestinien. Loin d&#8217;être un pur coup tactique, ce revirement est le fruit aussi de l&#8217;arrivée d&#8217;une nouvelle génération politique plus pragmatique qui voit que l&#8217;Autorité palestinienne est devenue une réalité incontournable avec laquelle il faut composer. En effet, dès 1994, le Hamas est placé devant le dilemme de savoir s&#8217;il reste purement dans la lutte armée ou travailler dans le cadre de l&#8217;Autorité palestinienne. Cette nouvelle élite va pousser le Hamas vers la seconde voie. Elle est prête à dialoguer avec le Fatah, prête à jouer l&#8217;insertion au sein de l&#8217;Autorité palestinienne, accepte la notion de parti et sort d&#8217;une orientation maximaliste de la résistance en prenant en compte de manière croissante l&#8217;opinion publique dans la mise en œuvre de sa stratégie de jihad.</p>
<p>De la même veine, l&#8217;expérience de l&#8217;islamisme turc, désormais modèle de référence pour la majorité des mouvements islamistes engagés dans le printemps arabe, est restituée dans sa dimension historique. L&#8217;islamisme turc, longtemps engagé dans un bras de fer sans issue avec le pouvoir et l&#8217;armée arrive à se dégager progressivement de cette orientation confrontationnelle avec l&#8217;arrivée d&#8217;un nouveau <em>leadership</em>, incarné par des personnalités telles que Abdullah Gül et Recep Tayyep Erdogan.</p>
<p>Dès 1994, l&#8217;ancêtre de l&#8217;AKP, le Refah, se tourne vers les classes moyennes en édulcorant ses slogans les plus radicaux. Wendy Kristianasen montre d&#8217;abord comment l&#8217;islamisme turc a progressivement intégré le fait national, puis a su composer avec l&#8217;héritage politique lourd du kémalisme, à savoir la laïcité, qu&#8217;il accepte dans le principe tout en tentant de le redéfinir de manière plus ouverte. Pour l&#8217;auteur, cela correspond à une mise à distance des concepts d&#8217;autorité sacrée et de salut, d&#8217;abandon de la sphère du sacré pour entrer dans celle de la politique. C&#8217;est dans ce sens-là qu&#8217;il faut comprendre le rejet de l&#8217;épithète islamiste par les leaders de l&#8217;AKP, qui préfèrent l&#8217;appellation plus générique &#8211; et mondaine &#8211; de «conservateurs de droite».</p>
<p>Mais de manière beaucoup plus intéressante, le livre montre que l&#8217;essor de l&#8217;islamisme en Turquie ne répond pas exclusivement à une logique religieuse ou identitaire, mais s&#8217;inscrit plutôt comme l&#8217;expression politique d&#8217;une dynamique de fond: la montée en puissance d&#8217;un petit capitalisme anatolien contestant la mainmise sur l&#8217;économie exercée par les élites d&#8217;Istanbul et d&#8217;Ankara.</p>
<p>Les succès de l&#8217;islamisme turc correspondraient à un certain régionalisme où l&#8217;on verrait le Refah d&#8217;abord &#8211; puis l&#8217;AKP &#8211; prendre la place de l&#8217;ANAP de Turgut Ozal comme principal canal d&#8217;expression politique pour les Anatoliens, le défi de l&#8217;islamisme étant moins alors d&#8217;ordre idéologique (trouver un point d&#8217;équilibre entre religion et modernité) que social, à savoir intégrer sans conflit les ambitions économiques de ces nouveaux «Tigres anatoliens» avec celles des élites d&#8217;Istanbul.</p>
<p>Pour le reste, rappelle l&#8217;auteur, les divergences se font à la marge. En effet, les deux grandes organisations représentant ces deux élites, le TUSIAD pour les élites laïcs d&#8217;Istanbul et le MUSIAD regroupant la bourgeoisie d&#8217;affaires anatolienne partagent le même horizon stratégique: économie de marché, intégration à l&#8217;Europe, gouvernement stable, Turquie occidentalisée.</p>
<p>En Égypte aussi, les Frères musulmans se sont imposés comme la principale (voire la seule) force idéologique suite à l&#8217;effondrement du nationalisme arabe. Mais en Égypte aussi, les mythes fondateurs de l&#8217;islamisme (l&#8217;idéal d&#8217;une société islamique unie) ou les normes défendues à l&#8217;origine (notamment à propos des femmes) évoluent: tout d&#8217;abord, le rêve d&#8217;une internationale islamiste préfigurant la reconstitution de l&#8217;unité originelle des musulmans telle qu&#8217;incarnée par le passé par le califat ne parvient pas à se développer. Au contraire, le fait national s&#8217;impose à l&#8217;idéal d&#8217;unité transnationale.</p>
<p>De même, les systèmes de valeurs changent. Ainsi, on note des changements dans la vision de la femme. Les Frères acceptent maintenant que les femmes apparaissent en public, leur permettent l&#8217;adhésion aux syndicats (mais il faut noter aussi, ajoutons-nous, que, pour les affaires internes à l&#8217;organisation, les femmes n&#8217;ont pas, à ce jour, le droit de vote).</p>
<p>Dans le même temps, il serait erroné de mettre les islamistes dans le camp de la tradition ou du fondamentalisme face à des dirigeants autocrates, mais laïcisant. Le livre rappelle ainsi que le Fatah a beaucoup fait en Palestine en matière de conservatisme, introduisant l&#8217;islam dans le droit pénal ou instaurant une législation extrêmement laxiste sur les questions de crimes d&#8217;honneur. Le constat a valeur de généralité: les régimes, soit pour contrer les islamistes, soit parce qu&#8217;ils sont travaillés eux-mêmes par le même conservatisme religieux qui anime leurs opposants islamistes, a pu par endroits être un agent particulièrement actif de réaffirmation de la norme religieuse dans l&#8217;espace public.</p>
<p>Mais ce que Wendy Kristianasen relève avant tout, c&#8217;est que l&#8217;islamisme des Frères musulmans en Égypte a adopté et maintenant une ligne constante, privilégiant la réforme à la révolution, ce qui lui permet certes de se distinguer des mouvements jihadistes. Ceci dit, ajouterons-nous rétrospectivement, cela le met aussi singulièrement en porte-à-faux actuellement dans le contexte du printemps arabe, révolutionnaire par excellence.</p>
<p>Ces mutations, Wendy Kristianasen les situe avant tout dans une perspective générationnelle: elles seraient le fruit de l&#8217;émergence d&#8217;une nouvelle génération de quadras qui se réclame de la modernité et de la démocratie et qui souhaite atteindre une audience plus large que le vivier Frères musulmans traditionnel.</p>
<p>Quoi qu&#8217;il en soit, on relève, en bout de course de ce panorama extrêmement éclairant sur la réaffirmation de l&#8217;islam et l&#8217;évolution de l&#8217;islamisme dans le monde musulman aujourd&#8217;hui, ce constat: partout, les références à l&#8217;islam prennent plus de place. Mais l&#8217;islamisation &#8211; terme que nous utilisons par commodité, il n&#8217;est pas utilisé dans ce livre &#8211; loin d&#8217;y être opposée, accompagne &#8211; voire soutient &#8211; les dynamiques de modernisation et de globalisation des sociétés musulmanes. Ainsi, la longue section consacrée aux «voix féminines» montre bien que les avancées obtenues sur le front des droits des femmes l&#8217;ont été non pas par les forces séculières face aux tendances islamistes, mais par les femmes, parfois laïques, mais aussi souvent islamistes, contre des systèmes politiques et sociaux qui se sont constitués sans elles. Ce sont bien les femmes qui conquièrent leurs droits, parfois face à des États compréhensifs comme au Maroc, ou dans des contextes institutionnels beaucoup plus difficiles.</p>
<p>Le livre de Wendy Kristianasen tombe dans l&#8217;effervescence révolutionnaire comme un repère extrêmement utile permettant de mieux situer l&#8217;évolution longue des forces qui sont en train de devenir les nouvelles élites politiques comme de mieux comprendre les logiques du redéploiement religieux contemporain sur lequel &#8211; entre autres &#8211; s&#8217;adosse leur légitimité.</p>
<p>On peut seulement regretter que le livre n&#8217;ait pas relevé que ces nombreuses avancées sont maintenant redoublées d&#8217;expériences régressives comme la gestion du pouvoir par le Hamas depuis sa victoire aux élections de 2006, ou encore la dynamique de l&#8217;islam politique égyptien (Frères musulmans et salafistes) dont les discours contribuent directement aujourd&#8217;hui à renforcer les dynamiques de polarisation qui servent tout aussi directement à renforcer l&#8217;interventionnisme en politique des forces armées. Par ailleurs, et c&#8217;est lié, une mise en perspective plus précise du printemps arabe grâce à ces recherches aurait été précieuse.</p>
<p>Wendy Kristianasen, <a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2849242454/ref=as_li_qf_sp_asin_tl?ie=UTF8&amp;tag=religioscope-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=2849242454"><em>Voyages au coeur de la planète islam: diversité des sociétés musulmanes</em></a><em></em>, Editions du Cygne, Paris, 2011.</p>
<h6><a href="http://religion.info/french/articles/article_561.shtml">Kazakhstan: observations sur la vague inédite d&#8217;attentats islamistes en 2011</a>, <em>4 Jan 2012<br />
</em><a href="http://religion.info/french/articles/article_559.shtml">Corée: le projet d’illumination d’un sapin de Noël provoque tensions et divisions</a>, <em>14 Dec 2011<br />
</em><a href="http://religion.info/french/articles/article_558.shtml">Judaïsme: la &laquo;&nbsp;tribu perdue&nbsp;&raquo; des Bnei Menashe poursuit son immigration vers Israël</a>, <em>30 Nov 2011<br />
</em><a href="http://religion.info/french/articles/article_557.shtml">Monténégro: vers une Église orthodoxe réunifiée et autonome?</a>, <em>29 Nov 2011<br />
</em><a href="http://religion.info/french/articles/article_556.shtml">Livre: la diversité des sociétés musulmanes</a>, <em>29 Nov 2011<br />
</em><a href="http://religion.info/french/articles/article_554.shtml">Evangéliques: le pasteur Sunday à la conquête de l&#8217;Ukraine</a>, <em>28 Oct 2011<br />
</em><a href="http://religion.info/french/articles/article_549.shtml">Ukraine: la renaissance du gréco-catholicisme – &laquo;&nbsp;être catholique ne signifie pas être latin&nbsp;&raquo;</a>, <em>21 Aug 2011<br />
</em><a href="http://religion.info/french/articles/article_546.shtml">Orthodoxie en Ukraine: une interminable guerre de positions?</a>, <em>17 Aug 2011<br />
</em><a href="http://religion.info/french/articles/article_545.shtml">Etude: néo-orientalisme et critique de l&#8217;islam</a>, <em>17 Aug 2011<br />
</em><a href="http://religion.info/french/articles/article_544.shtml">Religions en Ukraine: entre &laquo;&nbsp;guerre de positions&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;laboratoire&nbsp;&raquo; de la coexistence interconfessionnelle?</a>, <em>12 Aug 2011</em></h6>
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